Infatigable comme éléphant, je suis à l’action comme à une maîtresse. Ensorcelé, possédé je lui appartiens. Réveillé au son du faire comme sous les fers. Chaque matin se planifie avant même le réveil définitif. Agir est le leitmotiv que se répète mon cerveau à perpètes. Aucun temps mort tant que je serai vivant. L’énergie tendue, je suis ressort. Je bondis de ma coquille sans écouter le bruit de la mer, sans apprécier le sens du vent. Pourvu que mes gestes précèdent ma pensée. Au point d’en oublier certaines années. D’omettre mes souvenirs, de fermer les portes entrebâillées. Bouger. Ma seule essence est celle de mon moteur. Jamais au point mort, tout en vitesses. Me pencher sur le silence, impensable. Poser question, perte de temps. Je préfère les réponses, les solutions, les addictions, les gestes compulsifs, aux investigations, méditations, cogitations, et autres introspections.
Parfois pourtant, je rêve de perdre le contrôle. De laisser les minutes respirer. J’en appelle aux actes manqués. Aux respirations de l’équilibre. Je convoque les anges, les gourous, les sourciers pour qu’ils se penchent sur mon cas. Leurs pendules agitent le contretemps d’un balancier. Leurs mélopées, sous hypnose, façonnent ma tranquillité. Mon esprit se réveille endormi. Mes nerfs relâchent toute pression. Mes sens sereins s’autorisent à la contemplation. L’harmonie gagne mes vieux neurones gorgés de sérotonine bienveillante. Mon dieu…Je crois bien que je pense.
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