Vacances…..

8 08 2009

¨*Vacances : cessation des activités ordinaires…

La ville est nue. Sous les pavés que survolent des vespas, les souvenirs s’allègent. Finies les pénitences. Les terrasses dégoulinent.  Les femmes sont belles. Toutes coloriées de jours d’été. Comme des abeilles, elles promènent en riant  leur taille de guêpes émoustillées. Elles partagent leur parfum d’un mouvement de hanche. Comme un souffle de vent  qui ferait fuir les papillons. Inutile de  leur passer le message. Elles savent… Butinent de jour comme de nuit. Et vivent les vacances. Mais à qui s’intéressent ces divas ?  Pas aux vieux beaux en pâmoison qui font sonner leur pognon. Quel intérêt d’en avoir plein les poches sous les yeux ? Pourquoi aimer les auréoles d’une réussite  trop nette ? Mais de qui rêvent ces belles dames ?  Pas de ces petits jeunes aux gestes maladroits. Leurs soupirs  fanfarons ont des allures de fausses promesses, d’aventure à la va vite. Excepté, de temps à autre, entre deux sommeils,  en encas. Mais en aucun cas par habitude. A qui réservent elles les dérapages de leur rouge à lèvre rubicond ? Pour qui leurs lentilles colorées se feront-t-elles gentilles ? Un regard d’elles et je me damne. Arrêt du cœur. Je meurs illico sur le premier pot de fleurs. Me relève et me jette sous un tram nonante au tout dernier moment en criant « je vous aimais toutes ». Et pendant les deux cents mètres du freinage, accroché par le pantalon,  je deviens mobile comme un Calder. Le cri des freins du tram enragé couvre le chant de leurs prénoms que je tente de prononcer dans mes derniers souffles. Ma mémoire défaillante  perd le fil de mes amours saute mouton. Trop tard, je risque de passer en mode mal aimé.  De devenir nain de jardin lubrique, propriété publique. Que des garces arroseront de leurs moqueries, en passant sans s’émouvoir.

Je divague. Naturellement. Vague impression de surimpression. Un été qui en recouvre un autre qui lui-même… Comme ces poupées slaves qui boivent leur petit lait à la russe. Beautés sauvages, beautés légendes.  Prêtes à tout pour  nous faire des bébés ? Comme je vous comprends.  A dada sur les genoux de bon papa. Dans quelques années, vous rejoindrez le front des mères de la mer du Nord. Votre progéniture s’ennuiera sur les plages en attendant la pluie.  Vos maris, restés à Bruxelles, en pères esseulés, iront par paire, comme de faux jumeaux. Encore un verre. Ca ne mange pas de pain. Jusqu’à pas d’heure. La merveilleuse solitude entre copains. Quand la ville se réveille à peine et en pleine nuit, sans pleine  lune. Quand les endroits branchés somnolent et ferment.  Quand les amis sont aux abonnés absents. Quand il ne vous reste que les plaisirs solitaires. L’horoscope, le sudoku ou le mal au cou? Un cinéma ? Même mon chien soupire. Un court instant il montre les dents. La chaleur rend son humeur soupe au lait. Je n’ai pas le courage de le mordre. A la télé, le journal passe en boucle, en break,  prisonnier  entre deux séries perdues. Ni nouvelles, ni scoops  à se mettre sous la dent. Pas de rumeurs. Tout le monde, il est pas là.  Même mon gsm s’ennuie et fait semblant de recevoir des messages. Fait trop chaud pour écouter la météo. Mon rosé est tiède. La maison est sale. Je refuse de passer l’aspirateur. J’aurais peur de perdre les dernières preuves de mon existence.

Sous les pavés, il n’y a plus de plage. Retour des juilletistes, des aoûtiens et des embouteillages. Inutile de piquer ma crise, l’autre est déjà là. Je me couche et j’éterne. Oui j’éterne. Je me roule en boule et je dors du sommeil injuste. J’attends le retour de l’hiver et ses froidures. Je veux que les femmes se rhabillent, perdent leurs couleurs, que la météo du temps  rejoigne celle des affaires ordinaires. Je veux tourner la page des vacances.





Au fil de chaque jour gagné…..

8 07 2009

Ma vie ! mon ami… quel courage ! Tu ne te plains de rien. Tu racontes humblement. Tu es parti de chez toi un soir de nuit noire. Avec pour seul bagage ton rêve à la main. Tu me dis que la réalité ressemble tristement au cliché. Parce que ton chez soi était simplement trop pauvre pour nourrir les tiens. Parce que tu n’avais d’autre choix que d’oser le départ. Tu devais quitter, déboussolé mais confiant tout ce qui était toi. Partir, côté face, en héros conscient vers la terre promise. Côté pile avec la chiasse au ventre et les larmes aux yeux. Comment as-tu pu ? Entassé avec tes pairs sur un rafiot pourri ou dans un camion trop petit. Parce que ailleurs l’abondance t’attendait. Frigorifié, affamé, mais bercé par la certitude de lendemains meilleurs. Parce que le travail était de l’autre côté de la frontière. Etouffer entre la marchandise, la peur et les odeurs. Le prix du passage était si peu négociable. Tu voulais y croire. Ne pas te laisser mourir. Pour honorer la promesse faite à ta famille? Pour agir en homme responsable ? A peine arrivé, tu subis la froideur de l’indifférence, du mépris, des quolibets. Comme un moins que rien. Tu vas, tu viens, tu t’agites. Invisible aux yeux de la plupart, ou trop visible pour les autres. Au risque de perdre tes repères, tu es prêt à tout quitte à t’abaisser au pire. Attendre. Patienter. Espérer. Humilié, tu acceptes toutes les tâches. Tu dis merci. Tu te bats pour manger. Manger pour survivre. Survivre pour exister. Accepter l’impensable. Te cacher pour travailler, te cacher pour vivre. Tout est vraiment contraire aux discours illusions d’avant le départ. A croire que le mensonge nourrissait la chanson de l’espoir. Aux aguets. En sursis. Tu épargnes le moindre sou. Pour l’envoyer au pays. Tu te forces à comprendre d’autres habitudes, à te fondre dans le paysage, à apprendre à parler, à convaincre. Tu arrives même à sourire dans une langue qui n’est pas la tienne. Tu travailles en dessous des prix. Comme tu n’as plus droit à ton identité, tu en façonnes une nouvelle, décalée, plus forte en apparence. Mais sans garantie. Sans assurance. Dans tes petits papiers. Vrais ou faux, mais interdits de séjour. Tu uses tes forces pour gagner le minimum. Tu renonces à regrets à tes différences qui font tache. Tu dors où tu le peux. Tu t’habilles comme ici. Tu te nourris comme ici. Tu aimerais penser comme ici. Pour te fondre dans le paysage, tu mettrais ton accent en veilleuse. Et tu travailles encore, tant et plus. Tu travailleras longtemps juste pour gagner le droit de vivre. Tu construis ton histoire ici au risque de tout perdre là- bas. Au risque de n’être plus ni d’ici ni d’ailleurs. Entre deux univers, comme un paria. Tu fais venir les tiens. Alors que tu risques d’être pris, renvoyé, seul, au pays. Tu te réjouis d’un rayon de soleil, de leurs rires, d’un sourire frère, d’un regard sans mépris. De ta première économie. De leur confiance. Dès que tu le peux, tu offres tout ce que tu possèdes. Tu vis l’instant avec la générosité d’un seigneur. Tu garnis la table avec abondance. Tu m’accueilles comme un frère. Tu me serres dans tes bras. Nous buvons à la vie. Et à te voir, danser la tienne chaque jour alors que tu ne possèdes rien, j’en arrive à douter. A me demander qui est le clandestin de sa propre vie. A toi…mon ami ! A cette force qui te guide, te libère, te conduit. Rendez-vous aux frontières de tous les possibles. A ta santé ! Au fil de chaque jour gagné !





Bye bye badman….

26 06 2009

Tu as balancé ton swing bad man. Pendant cinquante printemps et des poussières. Quarante sur les planches, danseur étoile. Cheveux crollés. Pour terminer pantin brisé à la couleur douteuse. De sexe androgyne. Lifté comme une vieille ratée. Fantôme déglingué de prince charmant. Tu n’arrives plus à te réveiller ? Le monde t’a échappé. Comme Blanche Neige.

Tes dollars inondaient la terre. Tu as même racheté les Beatles. Après avoir été superlatif musical, tu as versé dans la guimauve, roulé dans la farine. Usurpateur de rêves d’enfants, malgré toi ? Tu as frisé la déchéance. Un vrai parc d’attraction à toi tout seul. Généreux comme pas deux. Capable de négocier certains silences. Cela faisait quelques années que tu avais du mal à te respirer, soul man. Réclamé par tes fans, tu refaisais surface de temps à autres. Ce n’est pas ta première réanimation. Quelques come back foireux avec remise à flots. Des coups magistraux. La générosité d’un roi et sa tyrannie. Tu vas manquer aux enfants malades, bambi. Reviens ! Tu t’étais déjà perdu dans la forêt des hommes, pop man. Remonte une dernière fois, ta main sur ton entrejambe. Balance moi une de tes audaces rythmées. Une composition de ton acabit. De celles que personne n’imagine encore.

C’est dommage, t’as fini de jouer. T’es mort. La meute de tes fans va s’arracher tes fringues. Tu vas te faire vendre aux enchères avec tout ce que tu as touché. Des milliers de people vont te saluer et parler d’icône et d’immensité en versant larmes et fleurs. Face à tes dettes abyssales, ta musique est notre héritage. Rock comme une symphonie. Le génie pardonne les égarements. Tu as sublimé les notes en les rendant mutantes. A nous deux on est le monde. Personne ne pourra nous le retirer. Tu vas me manquer. Mais je ne pleure pas. Je suis content pour toi. Tes démons ont quitté le thriller d’enfer qui te gâchait la vie. Tes tourments sont finis. Je me sens bien. Encore trente trois petits tours et puis s’en vont….





« Rien à voir avec de la déprime existentielle »

15 06 2009

L’hirondelle n’est plus au dessus du toit. Le hussard non plus. J’irais bien hurler à la lune. Comme un bon loup garou. Mais j’ai perdu la foi du prédateur. Juste envie de pisser. Plus question de me battre pour un territoire. Je persiste par atavisme… pas par survie. Je suis le dernier des concombres masqués. Super résistant en costume de premier communiant. Personne n’arrivera à me bluffer. Je connais l’imposture comme ma poche. Et par ces temps de crise….Plus moyen d’être dupe. J’ai l’étoffe d’un héros. L’instinct fatigué du déserteur romantique. Comment résister à votre pire ennemi?  Ce type dépressif  dans le miroir qui vous ressemble comme deux gouttes d’eau. Alors que le paradis se cache  tout bêtement dans les détails de la partition.  Entendez-vous  le rythme de mes décalages ?  Sans les mains…sans  instrument. Passé cinquante piges, la fatigue s’attaque au moral à mon corps défendant. Ce dernier ne discerne plus ce qu’il défend. Mon dos en prend par-dessus la tête. Les contre-ordres se succèdent en désordre. J’ai l’adrénaline qui bouille à plein régime et le cœur qui joue des castagnettes. Tout va bien succède à l’envie morbide. Sur courant alternatif, je ne tiens pas en place. Demain, c’est promis, j’irai renouer avec l’espoir. Demain tout sera merveilleux. Demain n’engage à rien.  Je jetterai du pain au canards ou aux hélicoptères. Je décollerai du plus haut du plus fou de mes rêves. En courtes culottes ou en smoking, je me ferai mondain ou mendiant ou les deux en même temps. Capable de parler de tout comme un avocat véreux  ou de jouer de l’harmonica pleurnichard dans un western spaghetti. Mes Santiags gratteront la caillasse sur les routes de Memphis ou de Macao. Je serai enfant camionneur au cœur fragile. Gitan grisonnant distillant  ses « ola » comme on offre sa tendresse…Je collectionnerai les pinups découpées dans de vieux calendriers jaunis. Je tatouerai “à ma maman” sur mon épaule  musclée. En souvenir de la pluie, des grêlons et des timbres du roi Albert, je ramasserai les souvenirs d’enfance à la petite cuillère. Je les déverserai à la mer. J’irai manger un sandwich mou sur la tombe d’un poète au long cours. Le coucou qui sonne les espoirs insensés s’endormira enfin.

Fini l’addiction aux images de la télévision. Le zapping passera en zone interdite. Mes doigts boudinés retrouveront le chemin du clavier libéré. Hors mon fauteuil avachi, comme son maître, je profiterai de mots balbucinants. J’écrirai les interdits.  Je me sais capable de tout. De rediriger un satellite. De me mettre en orbite. D’être  mon propre  spoutnik. Homme caviar, généreux donateur de leçons. Prophète et manipulateur. Machiavélique et doux comme un agneau en côtelettes. J’irai où la folie des hommes s’arrête. A cheval sur l’horizon, sans tambours ni trompette, jambes écartées, je crierai l’espoir à mille et une générations. Tout n’est pas foutu. Hier n’était pas meilleur. Les radoteurs ne vaudront jamais tripette. Vivent les imposteurs, les prometteurs de beaux jours, les doux rêveurs et les bonimenteurs…

En face de chez moi, un merle moqueur se lance dans un blues improbable. Pas dupe, le chat  se lèche les babines. Quelques notes de plus, monsieur le merle ….pour finir mes fraises… je vous en prie. Le jour s’approche. C’est magnifique ! Accrochons nous !





File ou fais la file…

7 06 2009

Les bureaux de vote se gonflent et dégorgent d’une foultitude. Bigotes et grenouilles de bénitiers se mêlent aux agnostiques et aux athées. Alcooliques et vétérans passent à tour de rôle sans trop se bousculer.  Des handicapés croisent des  trop bien portants. Belles de jour ou foudres de guerre, tous font la queue. Prouvent leur identité réduite à sa plus simple expression. Un nom sur une carte à puce. L’assesseur barre un inconnu sur la liste. Tant de gens que je ne verrai plus jamais. J’avais oublié que nous étions si nombreux sur cette planète.  Plus souvent derrière nos murs que dans les rues. Une foultitude même pas endimanchée. Est-ce que tout foutrait le camp ? Nos hommes politiques auraient ils démérité ? Cumulards, beaux parleurs, magouilleurs et demeurés se seraient ils  multipliés comme  mauvaises herbes ? Au point de faire passer la démocratie pour une démocrasseuse ? Scandales et corruption, mafia et démission ne seraient ils plus réservés aux  pays pourris des dictatures?

Où sont les vrais, les idéalistes altruistes et autres Don Quichotte ? Vont ils être remisés aux oubliettes face aux malins poujadistes aux raccourcis médiocres ?

La peur et  l’insécurité auront-elles raison de nos intelligences ancestrales de cohabitants attentifs et partageurs?

Pour qui ou pourquoi voter ? Dans tous les cas, pour des cons… promis !  Pour un changement qui n’en sera pas un. Malgré les discours convaincus et parfois convaincants de nos politiques. Paradoxe démocratique qui donne le temps au temps. Evitant l’abus d’un discours à sens unique, il nous restera le fade  mélange de  programmes détricotés. Après un accouchement que nos hommes politiques  tenteront de faire croire  douloureux. Nous générerons un pouvoir qui se limite plus qu’il ne milite.

La preuve, tous nos élus seront de la partie. La plupart ; non pour pouvoir mais pour « le pouvoir ».

Pour ma part, je vote pour le parti d’en rire plutôt que d’en pleurer.

Depuis tout petit, j’affiche mes convictions : je ferai l’apolitique quand je serai grand. Je mettrai mon nom en grand sur les palissades avec la mention « je ne suis pas un numéro ». Je me battrai pour l’essence des choses.

Ce matin, j’aurais aimé choisir  la liste dont le programme aurait été de donner du sens.  De se pencher sur des valeurs autres que financières pour gérer nos vies.  Quel autre choix après la cacophonie d’un système économique malade de ses déchets autant que de ses spéculations virtuelles mais frauduleuses ?

Chers concitoyens … la poli tique taque toque a envahit les murs de nos villes.

Ce n’est par parce que nous sommes concitoyens que nous devons obligatoirement nous comporter comme des citoyens cons ! Personne n’est obligé de croire aux promesses, ni à la grande illusion,  mais chacun garde le droit de rêver. A gauche à droite au centre ou à l’envers. Peut on rêver  meilleur  palindrome ?

C’est facile de critiquer, me direz- vous. Il ne faut pas être trop dur. Avec l’âge, c’est paraît il de plus en plus  pénible,  d’avoir une bonne élection. Nous sommes tous les victimes de mini stres(s). D’autant qu’en Belgique c’est souvent une affaire de cu..mul  qui crée la débandade.

Je vous le garantis, même les partis perdants  trouveront  un angle victorieux à leur défaite. Qui serais je pour commenter les résultats d’un vote? A vot’ bon cœur messieurs dames et, de toutes façons, co lo meilleur gagne !