Et salut, mon pote….

9 03 2009

Et salut mon pote.

Mon pote le chien a perdu le cap. En quelques heures, il a rompu les amarres. Inutile de le chercher encore. Il est de l’autre côté de notre histoire. Au pays de rêves canins. Sur les rives enchantées du pays des caresses sans fin. Là où les os cadeaux pullulent à volonté, à portée de museau. J’ai dans la tête ses jappements du matin, ses aboiements compulsifs et ses énervements malsains. Je peux encore le voir sans devoir faire d’efforts de mémoire. Le souvenir de son odeur se mélange à celui de la chaleur de sa fourrure de grand lion paresseux. Nous avons eu de grandes conversations, juste à nous deux… Il écoutait mieux que moi. Du bout de la truffe. Il dodelinait de la tête comme pour relativiser mes grandes envolées existentielles. Sa philosophie de vie reposait sur le carpe diem qu’il essayait de m’inculquer. Remuer la queue, manger dormir et se faire caresser. Marquer sans fin son territoire pour se sentir exister. Dans son rôle de gardien, de rassembleur, il a bien mérité sa pitance. Quoi qu’en penseront les chats noirs de la voisine. Ses manies ont rythmé d’agréables agacements quelques années d’existence. Sa bêtise apparente m’autorisait à m’en moquer avec tendresse. Faux macho ou grand tendre, prétentieux ou timide, il crânait plus qu’il ne concluait. Salut Corto, j’aurais aimé te traiter d’idiot quelques années de plus. Mais tu es parti. En paix, le sourire à la gueule, sans crier gare. Merci pour cette confiance que tu m’as offerte, mon pote. Et à un de ces jours,… à rebrousse poil.