vu à la télé….

26 01 2009

Vu à la télé…

Et si ma vaisselle devenait  plus propre qu’hier ?

Le président tient ses promesses. La planète va virer au vert.

Dix questions, un grand quizz, et cent mille euros pour l’étalage de la culture confiture.

Le boucher du Congo nie l’évidence. Il n’a jamais armé d’enfants.

Le pape est négationniste. Par intégriste réintégré.

La bande de Gaza a été attaquée par une bande rivale plus nombreuse. Elle panse ses blessures.

Les banques sont solidaires de leurs actionnaires. Elles licencient.

C’est Théo, le flamand, qui dit la météo. Met Théo, le temps sera pluvieux sur BHV.

Le tueur n’était pas prédestiné. Ses voisins, toujours en vie, en témoignent.

Je me suis porté disparu. Ma télé met tout en œuvre pour me retrouver…

La police a émis un avis de recherche. Sans récompense. Je ne suis pas télégénique.





DIS MANCHE ……

25 01 2009

Dis manche…

Manche à balai pour danseur en manque de partenaires. Ensembles, pour fêter sans fin la victoire d’Obama..

Manche de pioche pour joueur de poker malchanceux. Ayant perdu, en une nuit, jusqu’au goût d’en vivre une autre.

Manches pour robe d’avocat en recherche d’effets. Pour sauver la tête du fou de la crèche..

Manche pour nageur impatient de faire les soldes à London .

Manche pour banquier manchot impatient de se refaire.

Manche perdue pour les catholiques. Erreur de casting papal.

Et pour en finir…..Manche ta soupe pour me faire plaisir.





jeudi non…

15 01 2009

Jeudi non…

Jour vide, comme un verre sans fond. Comme une bière sans mousse. Un vin sans tanin. A l’exception d’un geste de cheveux remis en place. Un mouvement dans la prolongation du regard. Moins pire que du dédain. Meilleur que de la pure indifférence. Un bonheur simple comme quand une queue de cheval chasse les mouches. Sans autre raison que de se libérer des parasites.

Mort aux idées noires ! Fin des ralentis. Je vais aussi piquer ma crise. L’attentisme nuit à mes enthousiasmes. Renversons le marasme !





pensées vacancières

10 01 2009

Pensées vacancières

Dimanche 4 janvier

Ici ailleurs ou autre part…

Panses rouges écarlates, bombant le torse, ces messieurs paradent comme des dindons. Persuadés de leur superbe, ils dodelinent du chef et affichent leur portefeuille comme un statut. Mamelons dressés, fesses généreuses et cheveux au vent, ces dames leurs donnent la réplique en se dandinant. Je serai femme de chef. Popotins envahissants, maillots fleuris et bides en avant, ensemble, ils font la file au buffet. Les assiettes débordent, les ventres se resservent à volonté et se soulagent de leur trop plein régulièrement. Autant en profiter puisque tout est compris. Complices, ils réservent leur table, leurs serviettes, leurs activités comme leurs desserts parce qu’ils y ont droit.

Conquistadores, muscles en boutonnière, les mieux fournis, ajustent régulièrement leurs attributs. Comme si ces derniers les démangeaient. Peut être supportent ils mal ce farniente qui obligent leur ferveur au repos. Sous leur regard attendri, leurs belles déplacent avec naturel la ficelle qui sépare leurs fesses ensablées. Tout en libérant le haut de leur maillot avec désinvolture, elles le maintiennent cachant leurs seins en se retournant sur le ventre.

Comme ils baragouinent trois mots, ils se font comprendre des autochtones. Ils arrivent même à se faire une panoplie d’amis indigènes parmi les domestiques. Certains pourraient même recevoir un pourboire alors qu’il n’y a aucune obligation.

Leurs enfants les imitent avec émerveillement. Gros, gras désinvoltes et revendicateurs comme leurs parents, ils feront mieux qu’eux c’est certain.

Lundi 5 janvier

Les palmiers poussent à l’endroit où le fruit est tombé. Comme nous. La mer turquoise à des relents de sardine. Comme nous. L’absence de coquillages rend le paysage douteux comme notre présence. La lune se promène entre les nuages sans moi. Le crépuscule est dans les étoiles, il n’est jamais trop tard pour briller.

Mardi 6 janvier

Les balises nous disent : pas plus loin. Ici, le rêve comme la plage est délimité. Les accents de vacances sont étrangers. Vacance ; place disponible. La meilleure qu’ils nous laissent à prix fort et sans amour.

Mercredi 7 janvier

Faut pas l’nier les palmiers eux n’ont pas de limites, hors le ciel. Comme la spéculation. De là à voir une bulle du secteur de l’huile de palme… Qu’en penseraient les poissons des patates qui se nourrissent de l’huile de palmes laissées par les touristes en mal de snorkeling.

Jeudi 8 janvier

Piège à touristes quand tu nous tiens….

Excursion ou quand le curseur du trop organisé, exclut tout orgasme vacancier…

Epuisantes…les deux heures de car. Car au dos en compote, s’ajoutent les haltes aux commerçants artisans. Extraordinaires, les trésors qui s’y nichent. Fabriqués en série comme tout artisanat qui se nie. De la statue semi phallique, à la boîte pour maman, faite mains et importée de chine, en passant par les objets en hommage au pays, tout s’achète, rien ne se vend.

Embarquement dans la cohue, derniers arrivants que tout le monde attend. Nous voici, coagulés comme des crabes sans pinces en train de bouillir à la cuisson solaire. Trimaran pas très marrant à force de vouloir l’être. Nous sommes quarante ou plutôt soixante à partager la même musique qui n’en finit pas de saturer. L’équipage bon enfant fait circuler, sans s’oublier, le rhum et la bière. Personne n’est sacrifié et c’est sans doute dommage. Les poissons apprécieraient autre chose que palmes, masques ou vulgaires tubas. Certains sont condamnés à voir le fond avec bonbonnes, ceintures et pieds de plombs.

L’escale prévue aurait du être prévisible…Pris au piège, autant faire bonne figure pour jouir, avec une trentaine d’autres bateaux clapiers, de l’île partagée. Son sable blanc si pur est parsemé de mégots et de gobelets. Sa mer si turquoise présente ses coraux et déchets plastiques assortis aux regards émerveillés sous masques respiratoires. Ci et là des restes de noix de coco importées jouxtent des toilettes, sans eau, bien locales. A chaque fournée de touristes qui débarque, ses animateurs désignent un territoire de vingt mètres carrés. L’île toute entière pue la crème solaire. Des bides énormes précèdent des touristes mâles dans la file pour manger. La raie du cul cachée par une ficelle, leur compagne démaquillée tente de distraire leur attention de leur peau fanée. Grillés et entassés comme des sardines, ils se prennent en photo pour la postérité. Le soleil et le vent, complices des dollars qui se perdent en de bonnes mains, se moquent gentiment de ces humains, touristes de leur propre destin..

Vendredi 9 janvier

Moment jazzy

Quatre accords d’un jazz fatigué. En femme majeure fatiguée, diminuée, vous écoutez. Vos lunettes noires cachent des yeux cernés qui vacillent. Epuisement, drogue ou désaccord? Cette partition vous ennuie. Vous détestez voir à l’œuvre des musiciens vieux et essoufflés. Comme une atteinte à votre sensibilité. Noire ou blanche, qu’importe la couleur que le jeu vous aurait accordé. A la merci des notes à payer, vous usez du couplet des refrains ressassés. Vous ne composez qu’en demi teinte avec ce problème de justesse qui, jour après jour, en crescendo, assaille jusqu’à vos silences.

Vos soupirs me touchent, madame, votre chant muet s’additionne aux instruments joués. Merci pour cette harmonie de regards enfin à ma portée.

Ma carte de banque s’est fait la malle hier. A priori, j’ai du me tromper de code. J’ai toujours eu d’énormes problèmes avec les codes. Ceux qui régissent le bien vivre ou penser autant que ceux qui financent nos escapades dépensières. Quand ma carte a été avalée par l’appareil, je l’ai suppliée de revenir. De s’expliquer. J’avais encore besoin d’elle. C’était fort tôt pour me quitter. Si je n’avais pas respecté son code, je m’en excusais…. Mais comment expliquer le paradoxe quand avec mépris, elle m’a craché les billets demandés? Soit le code était mauvais et elle ne devait pas me donner les billets…soit le code était juste et elle n’avait pas à disparaître. …De là à prétendre que ma carte n’est pas comme les autres. Qu’elle a sa vie propre. C’est rare qu’elle en fasse usage, c’est vrai. Mais elle est différente. Marquée comme par une propension à prendre son autonomie. Par exemple, quand elle s’évertuait à se cacher dans une poche ou mon portefeuille, juste quand j’avais besoin d’elle. Quand elle me mettait des limites alors que je ne lui avais rien demandé. Depuis quelques temps elle devenait même susceptible. Elle se fendait d’un rictus sur le côté droit qui en disait long. Elle était déchirée c’est un fait. Même si elle ne voulait pas l’admettre. Je n’avais plus beaucoup d’emprise sur elle, elle avait presque effacé ma signature. Mais circonstances atténuantes, elle se savait proche de la fin. Peut être a-t-elle lancé un dernier baroud d’honneur ? Une provocation pour me rappeler à sa bonne fin. Qu’aurais je pu faire ? J’ai bloqué son compte et je le lui ai réglé. Elle n’aura rien.

Ne sommes nous pas tous liés à notre date de péremption ? Mais surtout est-ce tellement insupportable de la connaître ?

Vendredi 9 janvier

8h du matin. Retour en vue. Comme si l’avion était parqué sur la plage. Crampes au ventre les ananas ont un petit goût de déjà vu. Les valises ventre ouvert attendent leur repas avec insistance. Passeport pour le quotidien. Je suis déjà revenu dans mes petits papiers.

Dernier moment plage

Et si nous jouions à coquillages. Toi et moi ? Nous laisserions la première déferlante nous noyer l’esprit. Toute pensée repartirait avec le reflux. Nous serions libres de laisser le vent raisonner à notre place.

A quoi penses tu ? A rien. Je suis Patrick l’ermite, tu es ma coquille ou l’inverse. M’abritant en toi, sans arrière-pensées, nous marchons comme un seul crabe. De travers, sans reproches. J’en pince même pour tes absences. Car tu es la chaire de ma chaire, sans servitudes. Par l’embrun entraînés, nous traçons, évanescents, des arabesques inutiles sur le sable sans fin. Pas de sablier intempestif pour nous rappeler l’heure. Seulement l’instinct de nous trouver sans cesse pour ne pas nous perdre. Sans conscience d’une fin inéluctable. Sur le sable ou dans l’assiette. Qu’importe puisque la marée nous fait rire à l’unisson.

Samedi 10 janvier

J’ai jamais su dire aéroport. Aréoport vient en premier. Et tout compte fait j’aime encore mieux ne pas l’épeler. Prémices de promiscuité, d’affolement de claustrophobie et de gros vilains ronfleurs. Je hais les aéroports comme les voyages de nuit. Les gens que je croise disparaîtront avant même que je me rappelle les avoir entraperçus. De toute façons, je m’en fous. Ils ne sont pas attirants. Ils me rappellent la notion de purgatoire. En transit comme mes intestins. En déficit d’histoire, comme des pastilles digestives.

Il faut se farcir leur marmaille qui fatigue, leurs odeurs de frites et de mégots qui empestent les couloirs. Sans oublier la bière, le café et l’arôme des toilettes plus fréquentées que le meilleur des bars.

La gomme des pneus d’avion se mélange aux odeurs de pollution. L’air est aussi lourd que l’angoisse qui grandit. J’appréhende les files multiples, les regards blasés des douaniers, les bagages qui se perdent et les sourires forcés. Je traîne la patte. Me retranche, m’absente du réel. Mais est ce bien la réalité ? Pourquoi le bus qui nous a conduit n’aurait pas pu voler, lui ? J’aurais aimé les ratés de son moteur au dessus de l’océan. Les fenêtres ouvertes, nous aurions pu pêcher et piquer une dernière tête lors d’un arrêt pipi. Pourquoi faut il s’enfermer dans cette horrible carlingue bruyante avec tous ces inconnus ? Essayer de dormir en évitant la panique complète quand les néons s’éteignent. Je refuse d’être sardine. J’arrive déjà pas à dormir avec le bruit du moteur d’un frigo, comment pourrais je me détendre face à celui des réacteurs ? Je voudrais que l’hôtesse me câline, me dorlote et me parle gentiment en m’appelant par mon nom. Après tout, je suis unique.

Fin de séjour……





200neuf et vive l’an neuf…

1 01 2009

200neuf et vive l’an neuf… Les guirlandes de la joie fabriquée de toute pièce vont enfin disparaître pour faire place aux soldes. La fête sera bradée comme il se doit. Les sapins chauves et délaissés iront finir leur vie comme le vieux Greenspan. Gourous conspués, balancés comme de veilles chaussettes dans le fond d’un jardin ou d’une décharge de Wall Street. L’année commence sous le signe de la faillite du père Noël et du père fouettard associés. Pays surendettés, banques désargentées, tout va mal pour nos grands argentiers … Qui en veulent à nos économies …prenez mais il est hors de question de vous laisser dévaliser nos rêves. Pourquoi s’inquiéter pour nos nains de jardin surréalistes? Le froid pourrait il les rendre muets? Le manque d’ozone les empêcher de respirer? Rassurons nous, tout va rentrer dans l’ordre. L’eau continuera à se faire rare et les icebergs à fondre comme des ice creams. Depuis hier,notre royaume est à nouveau administré par ceux que nous avions élus. Faut il le rappeler? Dans la ligne de la tradition de ce système étonnant. Qui autorise de prendre les mêmes et recommencer… de laisser des maisons inoccupées face au manque d’ abris ou aux mal logés. Comment se contenter de notre impuissance à concevoir une autre manière de vivre plus équilibrée, plus humaine, respectueuse de notre planète ? Comment tolérer que les plus values de la spéculation ne soient pas taxées alors que l’argent du travail subit encore toutes les pressions fiscales.? Comment ne pas se faire taxer d’adolescent attardé, quand l’envie de changements majeurs nous fait rêver d’utopies? Comment ne pas mettre trop d’attentes sur le dos d’une Obamamania attirante et justifiée?

Pour 2009…je nous souhaite un regard neuf. Des yeux émerveillés comme Rousseau à force de vouloir croire que la nature de l’homme est fondamentalement bonne et que tout est encore possible à qui peut rêver
…patrick