Oscars Césars , et nous?

28 02 2009

En faisant preuve d’un peu d’imagination, nous pourrions en inventer d’autres tout aussi narcissiques pour chacun d’entre nous. Ne sommes nous pas tous de vrais acteurs ? Fiers de nos plus beaux rôles, introvertis ou extravertis, ne paradons nous pas en quête de notre essentiel : Etre reconnus pour ce pas grand-chose extraordinaire qui est nous.

Se féliciter est un exercice difficile mais revigorant. Recevoir l’éloge des autres est un moment d’humilité souvent indigeste. En se promettant de nous congratuler réciproquement, nous aurions tout à gagner. Nous pourrions organiser chaque jour nos cérémonies rien que pour nous, rien qu’entre nous. Nous nous succéderions sur des scènes imaginaires soir après soir. La jambe humblement hésitante, pour monter les marches, nous rassemblerions notre courage. Nous jouerions la comédie pour récompenser la comédie…Smoking de location, robe somptueuse, nous aurions la démarche alerte, les gestes délicats, soi disant naturels et improvisés. Notre fausse gène serait indissociable de l’émotion réelle. Parce que nous en avons tous et toutes rêvés, nous nous prendrions au jeu. Etre au centre de l’actualité. Avec ou sans hypocrisie. Fiction et réalité seraient interconnectées. En souvenir du jour où cela nous était déjà arrivé. A quatre ans sur la scène d’une salle de fête de l’école maternelle, sous le regard ampli d’amour d’une famille inconditionnellement acquise à la cause : la Nôtre.

A l’heure du grand jour, nous prendrions l’après midi pour nous préparer. Coiffure revisitée, fond de teint en couches superposées pour éviter de transpirer, la respiration haletante, nous nous avancerions vers le pupitre des orateurs.

Sourire d’autosatisfaction à demi masqué par un implacable salut vers le peuple des applaudisseurs, nous n’aurions plus l’impression que c’est trop beau pour être vrai. Le meilleur serait à notre portée. Nous nous offririons un excès d’adrénaline, peut- être même une Standing ovation. Nous délivrerions un discours magique, emplit d’émotion. Chaque mot prononcé aurait la bonne intonation. Nos jeux de mots seraient légers comme des midinettes, nos émotions rares et essentielles. Brillants, sans paillettes à l’ouverture des enveloppes annonçant nominés et nominettes, nous parviendrions à éviter de nous étaler sentimentalement parlant. Nous remercierions dignement. Mère, grand-mère, divine inconnue rencontrée un soir d’oubli, ou frères et sœurs. Mon dieu, ce serait le bonheur… Nous retransmettrions ces séquences sur facebook. Pour nous faire de nouveaux amis qui n’en seraient pas vraiment. Nous créerions des groupes de fans, en veux tu en voilà. Nous pourrions inventer une rubrique applaus. Pour faire comme si. Tu serais mon ami, pour un soir…tu m’applaudirais. Je serais ton acteur fétiche, prêt à te couvrir d’éloges mérités. A ton tour, tu me congratulerais. Et je te renverrais la balle. Je te parlerais de mes sponsors qui m’ont tant aidé. J’enverrais mes meilleures photos dans ta galerie. Je me fendrais d’un sanglot, d’un regret, d’un souvenir, d’un hommage. On a tous au moins un mort caché à faire surgir de nos albums d’enfance. Dont l’évocation, trémolo dans la voix, ferait fondre nos meilleurs ennemis.

A la nuit tombée, nous n’arriverions pas à dormir. La sérotonine emplirait nos neurones. Les mots merveilleux se répéteraient à l’infini comme des moutons sautillant

…..Et le gagnant est : ……!

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A quoi penses tu?

25 02 2009

Depuis quelques jours, je ne trouve plus rien à dire. C’est ennuyeux, mais quand je n’ai rien à dire, je la ferme. Il est vrai que cela m’arrive rarement. Dois je m’en inquiéter ? Est-ce une tare de se taire ou au contraire d’être verbeux, volubile ou radoteur ?

Ce matin, à la sempiternelle question des vieux couples: A quoi penses tu ? Je n’ai pourtant pas réussi à répondre, avec simplicité: « A rien ». Je n’ai pas culpabilisé. J’assume cette absence d’idées qui m’absorbe tout entier, mais je suis incapable d’en profiter. Mon cerveau se vide et je n’ai même pas mal à force d’y penser…. Mes rêves ne cherchent plus à s’évader. A quoi bon, puisque je ne m’en souviens jamais. En ce moment, pas une pensée brillante ou stupide ne cherche à vagabonder. Aucun commentaire ne me titille l’esprit, généralement affairé. Pas un chouia de réflexion pour entamer la discussion. Je suis presque comme un légume. Et ce presque est un véritable handicap. Plus moi-même mais pas encore personne.

Je suis absent de mon figuré. Un monstre d’égoïsme qui s’ignore. Le monde entier pourrait s’effondrer autour de moi, je ne ressens aucune menace, aucun danger. Mes sens s’abstiennent de toute perception, comme endormis. Seul mon subconscient semble persuadé qu’il peut encore m’influencer. Rien de grave, docteur….Mais en vérité, mes phantasmes eux-mêmes n’ont plus droit de cité. Je ne ressens plus rien. J’ai le cerveau engourdi. En mon for intérieur, il n’y a plus que le reflet insipide du décor extérieur.

Mon image de beau parleur s’est estompée pour s’imbriquer dans la réalité d’un benêt taciturne. Mon esprit s’est fluidifié sans avoir conscience de son nouvel état végétatif. Déjà, je n’arrive plus à articuler. Si quelqu’un en a le pouvoir…qu’il me reformate. Qu’il annihile le dernier bastion de lucidité qui résiste et me harcèle encore. Je veux connaître la paix totale. Eviter le risque des raisonnements de passage. Profiter pleinement et sans arrière-pensée du moment qui passe. Dans quelques instants, j’aurai réussi, je serai simple enveloppe, probablement prêt à devenir timbré.

Laisser moi sans adresse. Egaré, sans destination précise. Inutile de me poser la question… A quoi penses tu ? Je ne dirai plus rien!





Reste! Mais si tu veux partir…

14 02 2009

Reste !

J’accompagnerai tes mots. Comme un architexte, j’établirai des plans sur ta comète. D’un doigté métronome, j’émietterai des pensées familières sur le pas de ta porte. Comme un moineau affamé, j’attendrai ma becquée. La moindre de tes paroles, je la boirai. Je n’oserai plus essuyer mes lèvres. Je prierai. Comme quand j’étais enfant. A genoux sur le sol gelé. Je remercierai le vent qui fait chanter tes cheveux. J’appellerai la pluie qui donne du hâle aux pommettes. Et le froid qui permettra de te réchauffer. Je t’offrirai mes lignes de chance, de vie et mes espérances à venir. J’hypothèquerai mon cœur pour chaque moment présent.

Mais si tu veux partir , pars ! Je gommerai, sans haine, le texte de nos futures cartes postales. Je laverai notre linge sale avant même nos disputes. Je parlerai en bien de toi aux murs et aux mendiants. Je disperserai les cendres de notre amour défunt en te criant si belle. Je nierai toute tristesse, tu ne l’aimerais pas. Je ferai feu de tout pour retrouver ma joie. Je forcerai mon rire qui prendra son envol. De discret et hésitant, il deviendra gargantuesque et tonitruant. Il soulèvera des fous rires contagieux à en mourir. Je gagnerai la lune. Ou que tu soies, tu l’entendras.





A mon miroir…

7 02 2009

Un de ces jours, j’irai me cueillir de l’autre côté du miroir. Je profiterai d’un de ses moments d’inattention. Je me ferai attentionné. Quand un reflet, inconscient du danger, ne verra rien venir. Alors, son teint blafard laissera passer l’image inversée d’un égo endormi. La glace se rompra. Nous parlerons enfin. De moi à moi sans prétention. Comme de vieux amis autour d’un verre. A l’infini de nos désirs, nous recollerons les morceaux d’une enfance égarée. Je me réunirai sans psy. Tremblant, rassemblé, épuisé, j’assurerai enfin ma propre couverture sous les couvertures. Et je m’endormirai heureux sans autre formalité que ma forme alitée.






INFATIGABLE COMME ELEPHANT

1 02 2009

Infatigable comme éléphant, je suis à l’action comme à une maîtresse. Ensorcelé, possédé je lui appartiens. Réveillé au son du faire comme sous les fers. Chaque matin se planifie avant même le réveil définitif. Agir est le leitmotiv que se répète mon cerveau à perpètes. Aucun temps mort tant que je serai vivant. L’énergie tendue, je suis ressort. Je bondis de ma coquille sans écouter le bruit de la mer, sans apprécier le sens du vent. Pourvu que mes gestes précèdent ma pensée. Au point d’en oublier certaines années. D’omettre mes souvenirs, de fermer les portes entrebâillées. Bouger. Ma seule essence est celle de mon moteur. Jamais au point mort, tout en vitesses. Me pencher sur le silence, impensable. Poser question, perte de temps. Je préfère les réponses, les solutions, les addictions, les gestes compulsifs, aux investigations, méditations, cogitations, et autres introspections.

Parfois pourtant, je rêve de perdre le contrôle. De laisser les minutes respirer. J’en appelle aux actes manqués. Aux respirations de l’équilibre. Je convoque les anges, les gourous, les sourciers pour qu’ils se penchent sur mon cas. Leurs pendules agitent le contretemps d’un balancier. Leurs mélopées, sous hypnose, façonnent ma tranquillité. Mon esprit se réveille endormi. Mes nerfs relâchent toute pression. Mes sens sereins s’autorisent à la contemplation. L’harmonie gagne mes vieux neurones gorgés de sérotonine bienveillante. Mon dieu…Je crois bien que je pense.

D’autres pensées? voir rubriques: pensée du jour ou pensées vacancières…