Knockke en cloches…

26 04 2009

Et si nous disions merci à cette mer du Nord à la merci de nos vagues à l’âme. A cette eau, vaguement grise, franchement mousse et souvent brume. A celle qui s’attaque à nos châteaux en Espagne avant qu’ils ne s’effondrent en larmes de sable. Libérés de nos entraves, comme des chiens fous, nous irions courir en rond. En sarabande insensée de poils longs et courts, pour finir ivres d’embruns et d’amertume. Nous plongerions nos mains dans les sables de l’enfance. A la recherche de coquille d’âges. Nous écraserions mile couteaux sans le vouloir. Adultes assassins. Nous panserions nos blessures comme autant de meilleurs souvenirs. Nous dégusterions des crèmes glacées sur nos vélos trop grands, ou des crêpes mikado avec nos papas intensément présents. Nos oreilles rouges de chaleur héritée de l’air froid nous feraient ressembler à ces crevettes grises si difficiles à éplucher. Le sable de Pâques nourrirait nos chaussures et nos envies de voyage. Nous nous gaverions de serments au chocolat chaud. Nous cracherions dans la soupe, place m’as-tu vu, sous le regard blasé des héritiers en loden vert. Nous aurions le nez qui coule, et des disputes qui n’en seraient pas. Entre spleen et cafard, nous referions le monde en riant trop fort. Pour un premier baiser, nous hanterions les dunes. Nous laisserions le vent gonfler nos cheveux comme un avant goût de caresse. Nous tirerions la tête, sans raison, juste pour broyer du noir. Nous nous ferions adolescents pour que quelqu’un fasse attention à nous. Nous dévorerions en cachette nos livres d’aventure comme autant de friandises inédites. Nos bottes, sur le paillasson, atteindraient sept lieues. Nos superbes voisines nous diraient bonjour en Suédois. Et quand enfin, un bout de papier parfumé atterrirait au creux de nos mains, il serait temps de plier bagages. Nous ramènerions, médusés, dans nos poches étriquées, une étoile de mer écoeurante, un œuf en chocolat fondu et une fameuse envie de mourir qui n’en finirait plus.





Je serai ton architexte.. tu seras mon ingénieuse.

15 04 2009

Je serai ton architexte.. tu seras mon ingénieuse. Chaque jour pour nous reconstruire, je chercherai nos lignes de forces. Tu redessineras l’épure de nos fondations. Je te réinventerai, comme on épelle un mot cher, toute en consonnes et voyelles. Tu me croqueras la trogne, comme on pèle une pomme, à coups de pinceau tendresse. Sans gommer nos caractères, je dépeindrai nos petites manies. Sans te moquer de nos manquements, tu éplucheras nos envies. Je te soignerai les angles. Tu m’arrondiras le moral. Je te sonderai le langage en profondeur. Tu te feras métaphore. Matin après matin, nous nous métamorphoserons. Tu seras ma mutante. .Nous nous surprendrons sans cesse. Je serai ta missive. Je serai au porteur. Je te placerai en tête de mes attentions. Tu feras attention à nos têtes à tête. Motus et bouches cousues. Notre silence sera d’or. Tandis que nos paroles non dites s’envoleront, nos écrits s’enflammeront. Tu me diras nos châteaux en Espagne. J’échafauderai des plans sur chaque comète.. Je ferai tout pour être comique, pour donner du corps à nos mots d’esprits.. Tu me donneras tes paroles contre la mienne. Nous plafonnerons nos subconscients à l’interdit acceptable. Nous résisterons à la démesure alors qu’elle sera à notre portée. Nous donnerons tournure aux encornures. Toutes nos portes fermées s’ouvriront. Comme autant de ponts magiques sur nos lignes de vie. Envies désirs et passions se rejoindront à l’horizon de nos rires. Notre maison sera solide. Aussi solide que le ciment qui nous relie, parce que nous deux… c’est du béton.