File ou fais la file…

7 06 2009

Les bureaux de vote se gonflent et dégorgent d’une foultitude. Bigotes et grenouilles de bénitiers se mêlent aux agnostiques et aux athées. Alcooliques et vétérans passent à tour de rôle sans trop se bousculer.  Des handicapés croisent des  trop bien portants. Belles de jour ou foudres de guerre, tous font la queue. Prouvent leur identité réduite à sa plus simple expression. Un nom sur une carte à puce. L’assesseur barre un inconnu sur la liste. Tant de gens que je ne verrai plus jamais. J’avais oublié que nous étions si nombreux sur cette planète.  Plus souvent derrière nos murs que dans les rues. Une foultitude même pas endimanchée. Est-ce que tout foutrait le camp ? Nos hommes politiques auraient ils démérité ? Cumulards, beaux parleurs, magouilleurs et demeurés se seraient ils  multipliés comme  mauvaises herbes ? Au point de faire passer la démocratie pour une démocrasseuse ? Scandales et corruption, mafia et démission ne seraient ils plus réservés aux  pays pourris des dictatures?

Où sont les vrais, les idéalistes altruistes et autres Don Quichotte ? Vont ils être remisés aux oubliettes face aux malins poujadistes aux raccourcis médiocres ?

La peur et  l’insécurité auront-elles raison de nos intelligences ancestrales de cohabitants attentifs et partageurs?

Pour qui ou pourquoi voter ? Dans tous les cas, pour des cons… promis !  Pour un changement qui n’en sera pas un. Malgré les discours convaincus et parfois convaincants de nos politiques. Paradoxe démocratique qui donne le temps au temps. Evitant l’abus d’un discours à sens unique, il nous restera le fade  mélange de  programmes détricotés. Après un accouchement que nos hommes politiques  tenteront de faire croire  douloureux. Nous générerons un pouvoir qui se limite plus qu’il ne milite.

La preuve, tous nos élus seront de la partie. La plupart ; non pour pouvoir mais pour « le pouvoir ».

Pour ma part, je vote pour le parti d’en rire plutôt que d’en pleurer.

Depuis tout petit, j’affiche mes convictions : je ferai l’apolitique quand je serai grand. Je mettrai mon nom en grand sur les palissades avec la mention « je ne suis pas un numéro ». Je me battrai pour l’essence des choses.

Ce matin, j’aurais aimé choisir  la liste dont le programme aurait été de donner du sens.  De se pencher sur des valeurs autres que financières pour gérer nos vies.  Quel autre choix après la cacophonie d’un système économique malade de ses déchets autant que de ses spéculations virtuelles mais frauduleuses ?

Chers concitoyens … la poli tique taque toque a envahit les murs de nos villes.

Ce n’est par parce que nous sommes concitoyens que nous devons obligatoirement nous comporter comme des citoyens cons ! Personne n’est obligé de croire aux promesses, ni à la grande illusion,  mais chacun garde le droit de rêver. A gauche à droite au centre ou à l’envers. Peut on rêver  meilleur  palindrome ?

C’est facile de critiquer, me direz- vous. Il ne faut pas être trop dur. Avec l’âge, c’est paraît il de plus en plus  pénible,  d’avoir une bonne élection. Nous sommes tous les victimes de mini stres(s). D’autant qu’en Belgique c’est souvent une affaire de cu..mul  qui crée la débandade.

Je vous le garantis, même les partis perdants  trouveront  un angle victorieux à leur défaite. Qui serais je pour commenter les résultats d’un vote? A vot’ bon cœur messieurs dames et, de toutes façons, co lo meilleur gagne !

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