J’ai la berlue (?où) ce con nie …

11 10 2009

J’ai la berlue (?où) ce con nie ……

Brillantine et gomina. Au pays des pizzas  et de la pasta. Sylvio Pinocchio a lancé discours et promesses avec et sans  les mains à faire pencher la tour de Pise.  Mais, à l’automne, c’est notoire, les feuilles finissent par jaunir et puis chuter. Il Cavaliere a perdu ces derniers jours un peu de sa faconde. Sa bravache est du niveau de sa cravache, dégarnie. Son allure du niveau de son trot enveloppé, empesé.  Nous serons nombreux pour fêter l’adieu à ce  marionnettiste…. beau de loin mais loin d’être beau !

Quelques rides de contrariété marquent le milliardaire qui prétend encore  en ressortir aussi blanchi que ses dents.  Il n’aurait rien fait de mal. Quelques erreurs pardonnables, pas de quoi démissionner. C’est de l’acharnement. Les poubelles de Naples, les mafiosi et les nouveaux pauvres  peuvent en témoigner. Les juges le persécutent sans raison. Il aurait engrangé ses milliards honnêtement, n’aurait trempé dans aucune affaire douteuse, serait le meilleur premier que l’Italie aie connu. Le faste qu’il veut lui rendre a pourtant une odeur de déjà vu. La péninsule devrait se souvenir du bruit des bottes. Se pourrait il que l’huile d’olive soit sous pression ? Les journaux et la télé devraient mettre en garde et assurer la relève au lieu d’être à la botte. Mais en Italie, il semblerait que le propre des programmes de variété soit justement de ne pas en faire figurer.

Entre deux chanteuses de plus en plus jeunes, l’homme défend chairement ses restes.  Il tente d’affirmer sa virilité et son immunité dans tous les domaines. Il ferait bien de partir avant de devenir gauche.

Il est grand temps de s’en moquer, d’ouvrir les vannes, de démonter la mascarade. Fini l’immunité. Qu’il nous pique une dernière colère mémorable, ramasse ses  affaires, et s’en aille.





C’est laid…tout ce lait.

4 10 2009

C’est laid…tout ce lait.

C’est vache mais tant pis…

La ferme ! Ces braves bêtes blanches ou noires ou toutes en tâches ne peuvent  rester sans traites.

Juste retour des choses. Mouvement perpétuel… ….D’herbe grasse en estomac, du pi au tracteur et retour à l’herbe…. De poussière vous retournerez en poussière

Milkycircle pour les extraterrestres… L’Europe impose ses quotas…régule le beurre qui devient rance comme la colère des agriculteurs.

Question de culture…et de gros sous…pour certaines poches qui ne s’en plaignent pas.

Bouse toi de là… Le prix fixé condamne à la perte. Bouse toi de là. Comme dans l’arène, personne n’est coupable. C’est complexe, c’est la faute à la crise…. Et si l’important était d’éviter que la vache à lait ait mal au pi.. c’est simple comme 3,14.

Foin des complaintes, si les mots n’obtiennent pas raison, le sang blanc fera son travail. Des millions de litres seront épandus sur la terre nourricière. Le monde irait-il  à l’envers puisque  nous nourrissons la terre ? Que vaut ce sang blanc qui abreuve nos sillons ? L’image  choque le premier jour, devient une habitude le deuxième, ennuie le troisième….

Et pendant ce temps, Isabelle, qui vient d’accoucher, subit toutes les trois heures  la torture du le tire-lait.

J’aime les vaches. Les grecs anciens avaient inventé un adjectif pour qualifier la beauté des femmes aux yeux de vache…Leur générosité est infinie.  Elles sont végétariennes comme moi. Elles adorent brouter.  Elles ont des tâches sur le dos et paissent en paix ou en pets.  Le bonheur est dans leur pré. J’ai rêvé de devenir vache, moi aussi…Profiter des rayons de soleil et de mon merveilleux chasse-mouches. Passer mes journées à mastiquer  tout ce qui se présente. Regarder les trains sans mots dire.  Faire meuh et flatter quand cela me chante. Tout est bucolique dans la vache… Elles nous ressemblent. Quand elles courent de tout leur poids sans raisons apparentes vers la clôture. Evoqueraient elles l’abattoir lors de leurs échanges de meuglements ?

C’est le long de ces prairies à vaches, en bordure des villages, au croisement des destins, que la signalisation routière nous montre souvent le chemin de l’amour.  Cette fois encore, une flèche, hors normes, est accrochée de guingois au panneau « déviation ».  La ficelle verte qui l’attache pend comme une chevillette. L’inscription est lisible. Le caractère des lettres est calligraphié. De très jolis pleins, de tendres déliés.  « Julien et Tristana »

L’effet premier est magique. Sourire complice pour une histoire sous entendue. Mais si Anna est triste, il doit y avoir une bonne raison.  Julien l’aurait-il quittée ?  Alors que depuis quatre mois,  le panneau, recouvert d’éclaboussures, persiste à montrer le chemin ? J’imagine que la fête s’est bien passée…. et quelle s’est terminée depuis belle lurette.  Alors, pourquoi personne n’est venu décrocher le panneau ?  Résultat ; le couple est jeté en pâture aux automobilistes. Le sourire des premiers jours a fait place à de l’indifférence. Pour finir par engendrer l’énervement. Ce panneau est illégal. Tristana et Julien, éclaboussés de boue, sont sur la mauvaise pente. Leur nom est étalé sur la voie publique avec impudeur. Outrage, provocation, acte rebelle ? Si personne ne vient les réclamer dans un an et un jour, n’importe qui  pourra les emporter.

Je les imagine jeunes, beaux et un peu benêts… Pourquoi jeunes ?

Parce que les vieux ont leur pudeur. Ils ne s’affichent pas de façon ostentatoire sur le bord des routes.

Que sont ils devenus ? Trop occupés pour enlever leur panneau ? Trop heureux de prolonger l’illusion d’une fête promise pour la vie ? Ont-ils disparu, malades de passion pour s’envoyer en l’air aux quatre coins du monde ? Y ont-ils laissé des pancartes semblables, oubliées comme autant d’appels à l’évènement perpétuel… Et si  la fête s’était mal déroulée ? Des inconnus mal intentionnés auraient pu suivre les flèches, attendre le départ des invités et leur faire leur fête…à leur façon.  Si cela se trouve, ils les ont battus à mort avant de les enterrer dans le jardin. Et comme tous leurs amis sont partis, personne ne s’inquiètera de leur disparition. Je devrais peut être délivrer la chevillette et replanter la flèche dans leur jardin en guise d’épitaphe. Ci gisent Julien et Tristana… »Victimes de la route et de Cupidon. Fin du voyage de n’os »… Ou alors « partis sans lait sser d’adresse… »

Mais je préfère leur souhaiter la saveur immature des échanges amoureux, l’adrénaline des disputes avortées, l’insouciance des moments volés, la folie des grandeurs rêvées, et le calme savoureux  de nos  pâturages bien aimés….