odeurs d’afrIQUE

30 03 2008

PUTAIN DE SAFARI

 

 

Premier jour :

 

Un arbre isolé, en haut de la montagne, comme un ultime cheveu sur le crâne d’un chauve.

Massaïs comme échassiers de couleurs sur l’échiquier vert de la plaine

Le cri strident des lames de ressort sur l’asphalte hérissé.

Brumes de montagnes qui se mélangent aux fumées des feux de cheminées

Toits tôlés qui reluisent au soleil quand les huttes alentours absorbent la fraîcheur de l’ombre.

L’attente omniprésente rend tout mouvement suspect

 

Deuxième jour

 

Attendre, le long de la route, sur une charrette couchée que le bus arrive.

Attendre que le troupeau ait fini de brouter ou que le chien repasse.

Attendre que de la pluie naisse la fraîcheur.

Eprouver la nonchalance de celui qui ne compte pas les heures  dès lors qu’il na rien à perdre.

Quand la terre du chemin vire au rouge, se méfier du filon qui te guide.

Regarder les pierres entassées comme un troupeau à l’arrêt.

Guerrier ou aventurier ! Tout autre choix serait sans issue.

 

Troisième jour

 

Le vol du touriste n’égalera jamais celui de l’oiseau. Que chacun vole ce qu’il a à voler.

La montagne a revêtu son pyjama d’herbes vertes

On dit bien mammifères pourquoi pas papifères ?

Cet éléphant me regarde avec de tels yeux que nous le mangerons pas ce soir, c’est décidé.

Dans le bouch, comme dans la vie , il est préférable de s’arranger pour n’être pas celui que l’on regarde.

Il n’y  que pour le touriste que le lion se fait attendre.

 

 

Quatrième jour

Un pont sur un oued asséché comme une promesse non tenue

Si l’arbre cache la forêt, comment arriver à voir ce qui devrait l’être ?

Profite tant que tes yeux voient. Un pan de tissus rejeté sur une épaule ou le vol d’une cigogne esseulée, nourris toi de ce qui se montre.

L’effort de celui qui pousse ou qui tire est compensé par l’attention de celui qui regarde.

Mange le bitume à ton allure ! On finit toujours par arriver à destination.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cinquième jour

 

Arbres gangrenés  jusqu’à la moelle qui portent encore des fruits

Phacochères, queues en l’air, fesses serrées, à la guerre comme à la guerre

Huttes à droite, dans le vallon, comme autant de tortues repues.

Tout est gnou, ici, jusqu’à l’ombre couchée sur le flanc de la colline

J’en ai plein la plaine dit le lion

Ton 4X4 ne laissera que poussières, comme toi un jour ou l’autre

Au fond du cratère, à la fin du dernier chemin en cul de sac, tu tournes à droite et tu trouveras le jacuzzi des hypos , le hammam des flamands roses et le sauna des marabouts.

 

 

Sixième jour

 

Pourquoi  animaux sauvages et domestiques arrivent à cohabiter ici ? Si près les uns des autres ? Et sans heurts ?

Quand tout est déserté… l’ombre s’étend  de tout son long sur la plaine, le lion peut chasser !

Quel dieu n’aurait pas rêvé d’être à la source d’un tel spectacle ?

Ici, même les arbres se prennent pour des animaux. Regarde leurs branches.

Ici les animaux sont tellement nombreux que nous en devenons rares. Profitons en !

Un pont comme un  obstacle dans l’imaginaire d’un homme.

Plus de jeeps 4X4 que de troupeaux dans cette vallée, mais il faut moins de Masaïs pour conduire ces derniers. Tout est relatif !

 

Septième jour

 

L’aigle comme un sourire dessiné sur le ciel.

Les fauves et les mots ont ceci en commun qu’on ne les dompte jamais tout à fait.

Et si nous adoptions un  bébé impala ?

Ca a quel goût du bébé lion ?

Appelle la lionne, de ma part, s’il te plaît, et dis lui que je ne pourrai pas garder les petits ce soir.

Touristes vautours contemplent leurs frères au travail.

La gourmandise des yeux finit toujours par une indigestion d’images.

Lions nous d’amitié, veux tu ?

Un léopard, accro de sa guitare, rythmait le mortel ennui…

 

Huitième jour

 

Et deux savanes, boisées, une brousse mixte et une jungle farcie pour la 7

Quatre lionnes autour de la marre, même les zèbres en ont marre

Si vous étiez contraints d’agiter sans cesse la queue pour chasser les mouches, verriez vous la vie sous le même angle ?

Dans la jungle, terrible jungle, le touriste est mort ce soir.

Rochers comme lions …couchés pour l’éternité.

Voilà ! J’ai marqué mon territoire dans le désert, laissé mon empreinte dans la jungle, un bon départ pour aller pisser dans le cosmos.

L’avantage d’un toit ouvert, c’est que l’on risque pas de se cogner la tête au plafond.

 

 

Neuvième jour

Ce qui est paradoxal, c’est que plus on s’approche de la mort, plus on s’éloigne de l’importance que l’on accorde à la sienne

Un salopard de léopard, quelque part se prépare…à se retourner dans son sommeil.

Méfie toi ! Les léopards font halte au hasard pour leur repas du soir.

Ce léopard malabar caresse l’espoir de petits bâtards. Hélas sa femelle refuse d’en avoir. Vexé, il saute dans sa jaguar et se les roule, goguenard, dans le noir.

Avant de vous plaindre de vos hémorroïdes, pensez au pauvre singe.

 

Dixième jour

 

L’année prochaine, je m’occupe de tout. Il y aura un léopard dans chaque arbre.

J’en parlerai à mes secrétaires, un jour.

Finalement, je préfère regarder un arbre qui ressemble à un animal, plutôt qu’un animal. Au moins l’arbre ne bouge pas quand on le prend en photo et je ne risque pas d’être mordu ou piqué.

Heureusement qu’il n’existe pas de fast food pour papillons  

Ce putain de chemin essaye carrément de lapider notre 4X4

 

Onzième jour

A l’intersection de la partie boisée et du territoire qui borde la savane aux lions, juste après le domaine des pélicans et avant celui des hippopotames, il n’y a rien.

Un bon conseil ! Ne prenez pas n’importe qui en stop. Une girafe cela va.

Quand les hypopos font tamtam , les touristes ça va ça va…

Quand l’hypo chie, le rocher en prend plein la gueule.

Quand une mouche tse tse chie, tout le monde s’en fout.

Quand les arbres ressemblent vraiment à des animaux, il est temps de rentrer.

 

Douzième jour

 

C’est un impala, missou, j’te jure.

J’ai vu un léopard de mes yeux vu, et je ne vois franchement pas ce que ce gros chat a de si terrible.

Si tu veux en voir un, il faut d’abord faire un bon deal avec un croco.

Mouches tse tse , moustiques même combat…sus au touristes !

Si tu cherches un belge en Afrique, va voir du côté de la butte au lion.

Treize heures, dîner en plein air. Miettez vous là dit l’oiseau jaune.

Prêtres, prenez exemple sur ces marabouts. Perchés sur leurs arbres, ils ne font de tort à personne.

Tu ne serais pas un peu rapace par hasard ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Treizième jour

 

Pourquoi être seule, hyène et désespérée, alors qu’il y a toujours, quelque part, une copine plus moche que vous.

Faire du 4X4 est dangereux pour le nez. Tire ton doigt !

Hip hi pip ! potam !

Aujourd’hui les mots m’échappent comme les animaux. Imprévisibles, ils s’absentent du paysage pour revenir en interminables troupeaux quand on s’y attend le moins.

Pas de lézards entre nous !

Autant de branches cassées, autant de vœux délaissés

Au départ, je pense que les singes avaient pour mission d’indiquer le chemin.

En fin de comptes, tu tanzes…Annie ?

 

Quatorzième jour

 

Au petit matin, mon fils Co, l’autruche et le soleil ont la tête dans le cul.

Maidé, maidé, ici Aigle, panne au décollage, je répète panne au décollage.

Et tante girafe va bien ?

 Qui parmi vous pourrait singer un hypo? Et parmi vos amis ?

Eagle ou Voltour… cela m’est eagle…

Nous laissons derrière nous des traces de 4X4. On fait ce qu’on pneut.

Inutile de se cacher la vérité ou de se voiler la face. Quand l’autruche est au bord du chemin, les cigognes ne sont pas loin.

L’oiseau clochette sur ma main récite sa leçon. « Vitre cassée ? Attention un léopard peut entrer. »

 

Quinzième jour

 

Zèbres par milliers à l’horizon comme une clôture à l’infini.

Suivez svp le sens girafoire.

Je voudrais faire ngorongoro avec ton sérengetti.

Parles en à ton gnou roux.

Le lion a-t-il conscience de la portée érotique de son acte quand il se fait une gazelle ?

L’Afrique ? Belle comme un troupeau de gnous assoiffés.

Autant de soubresauts sur la route que de questions en suspens sur la mienne.

Entre « male » et « female » il y a juste un petit « fe » mais c’est elle qui l’a.

 

Seizième jour

 

Comment avoir l’esprit petit quant on est face à un horizon si étendu ?

De la merde naissent les fleurs ! Enfin, pas toujours.

Comme des princesses ou des princes, dans notre carrosse, nous saluons ,au passage, le rêve des enfants que nous croisons.

Nous avons pu sortir de la réserve, nous.

Quand m’assiérais je à nouveau au bord de la route, face tournée vers l’horizon en laissant le soleil se coucher tranquille ?   

 

 

 

 

Dix septième jour

 

So faroway, so…

Heureusement qu’il ne faut pas encore donner de pourboire à chaque animal qui se laisse photographier.

Même dans la jungle la plus drue, il y moyen de sortir du lot. Ainsi parlait l’arbre au très long tronc qui submergeait la forêt

Le paradis c’est quand les cailloux du chemin sont moins nombreux que les oiseaux alentours

La preuve que Dieu n’a pas toujours été bon ? Demandez à ces oiseaux qui portent leur couilles à hauteur du bec ce qu’ils en pensent.

Est-ce au moment d’être mangé, que l’on se préoccupe des limites de son intelligence ?

 

Dix huitième jour

 

Pendant que l’oiseau perché sur son dos crie  « oui…oui »  , le rhino copule allégrement.

Tu fonctionnes à quoi ? gazelle ou super ?

Ce baobab et moi avons mis plus de cinquante ans à pousser et regarde le résultat !

Demain ce baobab vous montre le haut

J’ai vu Léopardo di Caprio

Finalement , je pense que chercher à apercevoir le léopard est encore plus passionnant que le voir réellement.

Trois ânes sur la route, une famille comme la nôtre.

Quand l’hypo fait popo, l’okapi fait pipi (je n’y ai pas résisté)

Si je te montre mon gros rhino, tu me montres ta petite tsétsé ?

 

 

Dix neuvième jour

 

Sous le macadam, je pense que les cailloux crient.

Ici le comble de la pauvreté revient à devoir vendre son âne. Chez nous ce serait plutôt son âme.

Ce n’est pas parce que la banane est un peu mûre, qu’elle n’est plus mangeable.

Cliché : Les Massaïs sont si beaux …les touristes si laids

Des mamelles et des mamelons comme des vallées et des vallons.

Pour certains,  la route s’arrête au village voisin.

A trois cent soixante degrés, la montagne marque la fin d’un monde apparent.

Des chameaux sur la route…pourquoi pas des zèbres ou des gnous ?

 

Vingtième jour

 

Dis moi si la poussière de la route nourrit ceux qui restent sur ses bas côtés ?

Termitières toutes boursouflées comme cratères lunaires

C’est aussi difficile pour une pierre que pour un gamin de quitter son emplacement sur le chemin.

Un poids lourd c’est aussi fort qu’un éléphant ?

Sauf qu’il ne se nourrit pas tout seul et qu’il est incapable de se reproduire. Mais il ne faut pas désespérer.  Il s’asperge déjà.

Quatre singes, assis sur un tronc couché, au bord du sentier, regardent passer quatre humains dans un 4×4 et tout le monde se marre.

Putain de Safari !

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Sans nouvelles

19 03 2008
Les grilles en fer forgé étaient entrebâillées. Comme une invitation à entrer. L’herbe haute avait envahi la courette. J’ai déplacé le panneau à vendre en berne. J’ai enjambé les broussailles et les débris qui encombraient l’accès à la porte principale. Si seulement cette dernière avait été fermée à clef !
J’habitais pratiquement à côté. Cela faisait des mois que la maison était inhabitée. Il n’y avait pas grand mal à y jeter un coup d’œil. Ma visite ne ferait de tort à personne.
Le soleil éclairait le couloir d’un clair obscur digne d’un maître flamand. Les reflets ocres sur les murs décrépis se mélangeaient aux lézardes brunies des murs détapissés. Le sol était jonché de feuilles d’automne à moitié pourries. Des journaux et des toutes boîtes s’entassaient sous la fente de la boîte aux lettres. La poussière s’était glissée entre leurs pages. Je ne lisais ou n’écoutais jamais les nouvelles. Bonne ou mauvaise, chacune d’elles aurait mérité trop d’attention. Enfant déjà, je m’insurgeais contre leur sélection abusive. Le monde ne pouvait se résumer à tourner autour du nombril de quelques pays voisins. C’est en repoussant cet amalgame de papier décoloré, que je trouvai la lettre. Une enveloppe blanche immaculée qui se démarquait, qui me narguait. Elle était adressée à une certaine Mademoiselle Aure. Dont le nom était superbement calligraphié. Coupable et indiscret, je n’ai pas résisté. L’humidité ambiante et mon souffle projeté suffirent à délivrer l’enveloppe de sa pellicule de colle. Le papier, d’un grammage très léger était plié en trois de façon inégale. Bleuté, comme une dragée, veiné comme une peau ridée, il réclamait lecture. A reculons, je cherchai un endroit où m’asseoir. Je voulais savourer à mon aise. Calmer l’excitation qui m’envahissait. Le rez-de-chaussée à nu n’avait plus été nettoyé depuis belle lurette. Je m’installai sur un gros radiateur en fonte, jambes pendantes. En quelques minutes, j’avais renoncé à toute culpabilité, oublié toute discrétion, fais fi de toute réserve morale. Et pourtant, je retardais le moment d’effeuiller, de déplier. Je découvrais l’essentiel. Le plaisir du non- dit…. si proche de l’interdit. Tant que la nouvelle n’était pas dévoilée, tout restait merveilleusement possible. Je décidai de m’accorder le temps. D’enfreindre les règles de la montre. Les mains serrées sur le papier déjà froissé, je choisis de fermer les yeux et de laisser Mademoiselle Aure exister à son gré.
Mademoiselle Aure. Soixante huit ans et des poussières, pieds nus sur le carrelage. Encore jeune de corps mais vieille d’esprit. A emménagé depuis huit jours. Collectionne les ronds de serviette. Ne sait plus quoi en faire. Ne se rappelle plus pourquoi elle a eu si peu d’amants. Se sent veuve sans s’être jamais mariée. N’a plus reçu de nouvelles de qui que ce soit depuis dix ans. Maladroite, elle déchire l’enveloppe en l’ouvrant. Mademoiselle Aure pleure sans larmes. Dépose le papier bleu à portée de main sur l’accoudoir de son fauteuil préféré. S’accorde une respiration tremblante avant de la relire encore et encore.
Ou Mademoiselle Aure. Vingt quatre ans. A peur du noir. Déteste son prénom. Entame un ixième régime draconien. Terminera son droit dans deux ans. Avec grande distinction. Veut prouver à la face du monde, qui ressemble étrangement à son père, combien elle est extraordinaire. Change de mec comme de tenue. Les aime tous avec passion pour ensuite les larguer. Quand c’est fini, c’est trop tard. Croit reconnaître l’écriture d’un ex. Remet la lecture à plus tard. Mademoiselle Aure vient d’hériter de la maison de sa grand-mère. A décidé d’y habiter. Seule. Et d’assurer.
Ou Mademoiselle Aure. Age volontairement indéterminé. Expatriée par choix. Callgirl par obligation. Originaire d’un ailleurs ingrat. Offre d’aimer par sms ou sur la toile.. Reçoit à domicile. Massages avec ou sans finition. L’étage est réservé à son intimité. Elle veut récolter un maximum. Pour un voyage définitif à l’autre bout de ses rêves.. Ou pour tout recommencer. Elle remboursera son passage en cinq ans. Si tout va bien, façon de parler. C’est peut être la troisième lettre de là-bas. Mademoiselle Aure hésite. N’a plus la force de pleurer.

Pour imaginer mes Aure, j’avais plissé les yeux. Je le fais toujours quand je rêve éveillé. Pour revenir à la réalité, je les ai bien frottés. Je me suis pincé. Plusieurs fois. Une odeur de concombre flottait dans l’air. Je n’étais pas victime d’hallucinations. C’était bien Aure qui se promenait en peignoir blanc. Un drap de bain bleu ciel était noué autour de ses cheveux encore mouillés. Son visage était tartiné au yaourt et concombre. Sa main droite feuilletait nonchalamment et sans conviction un magazine à la mode. Des sms s’entassaient bruyamment dans son portable. L’horloge indiquait dix heures dix. Un halo de lumière accompagnait chacun de ses gestes qui semblaient aussi peu naturels que les ronflements qui venaient de la chambre. Mademoiselle Aure y sommeillait les cheveux blancs en bataille. Un double édredon épousait le galbe du vieux lit grinçant. Une moue enfantine et coquine gonflait sa joue droite à chaque respiration. Une bague au brillant à la couleur passée se retenait de glisser de son annulaire trop maigre. La radio grésillait. Du Glenn Miller s’en échappait comme une libération. Les rideaux retenus par une cordelette s’accrochaient au mur. Incommodé par l’odeur du renfermé, je sortis sur la pointe des pieds. De la salle d’eau, montait le grondement joyeux d’une baignoire qui se remplit. Des rires et du champagne se mêlaient aux cris et à la house qui faisait vibrer les murs. Aure simulait consciencieusement sa cinquième montée de plaisir quotidienne. Les trois incarnations de mon rêve se partageaient la maison mais semblaient s’ignorer. Etait ce pure tactique ? La lettre était sur la table de nuit à portée de main. Mais une lettre identique dépassait de la poche du peignoir. Et une troisième trempée collait au mur suintant de la salle de bain. La lettre devait contenir l’explication. En la lisant, j’allais donner du sens à la situation. J’étais en route vers la chambre quand Aure, ma nouvelle AD m’en épargna la nécessité. – Ho…Patrick, reviens parmi nous ! Fini la sieste ! Le briefing sur le time sharing vient d’être confirmé par mail. As-tu déjà une piste, une idée ?

Bruxelles, janvier 2008