J’ai la berlue (?où) ce con nie …

11 10 2009

J’ai la berlue (?où) ce con nie ……

Brillantine et gomina. Au pays des pizzas  et de la pasta. Sylvio Pinocchio a lancé discours et promesses avec et sans  les mains à faire pencher la tour de Pise.  Mais, à l’automne, c’est notoire, les feuilles finissent par jaunir et puis chuter. Il Cavaliere a perdu ces derniers jours un peu de sa faconde. Sa bravache est du niveau de sa cravache, dégarnie. Son allure du niveau de son trot enveloppé, empesé.  Nous serons nombreux pour fêter l’adieu à ce  marionnettiste…. beau de loin mais loin d’être beau !

Quelques rides de contrariété marquent le milliardaire qui prétend encore  en ressortir aussi blanchi que ses dents.  Il n’aurait rien fait de mal. Quelques erreurs pardonnables, pas de quoi démissionner. C’est de l’acharnement. Les poubelles de Naples, les mafiosi et les nouveaux pauvres  peuvent en témoigner. Les juges le persécutent sans raison. Il aurait engrangé ses milliards honnêtement, n’aurait trempé dans aucune affaire douteuse, serait le meilleur premier que l’Italie aie connu. Le faste qu’il veut lui rendre a pourtant une odeur de déjà vu. La péninsule devrait se souvenir du bruit des bottes. Se pourrait il que l’huile d’olive soit sous pression ? Les journaux et la télé devraient mettre en garde et assurer la relève au lieu d’être à la botte. Mais en Italie, il semblerait que le propre des programmes de variété soit justement de ne pas en faire figurer.

Entre deux chanteuses de plus en plus jeunes, l’homme défend chairement ses restes.  Il tente d’affirmer sa virilité et son immunité dans tous les domaines. Il ferait bien de partir avant de devenir gauche.

Il est grand temps de s’en moquer, d’ouvrir les vannes, de démonter la mascarade. Fini l’immunité. Qu’il nous pique une dernière colère mémorable, ramasse ses  affaires, et s’en aille.

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C’est laid…tout ce lait.

4 10 2009

C’est laid…tout ce lait.

C’est vache mais tant pis…

La ferme ! Ces braves bêtes blanches ou noires ou toutes en tâches ne peuvent  rester sans traites.

Juste retour des choses. Mouvement perpétuel… ….D’herbe grasse en estomac, du pi au tracteur et retour à l’herbe…. De poussière vous retournerez en poussière

Milkycircle pour les extraterrestres… L’Europe impose ses quotas…régule le beurre qui devient rance comme la colère des agriculteurs.

Question de culture…et de gros sous…pour certaines poches qui ne s’en plaignent pas.

Bouse toi de là… Le prix fixé condamne à la perte. Bouse toi de là. Comme dans l’arène, personne n’est coupable. C’est complexe, c’est la faute à la crise…. Et si l’important était d’éviter que la vache à lait ait mal au pi.. c’est simple comme 3,14.

Foin des complaintes, si les mots n’obtiennent pas raison, le sang blanc fera son travail. Des millions de litres seront épandus sur la terre nourricière. Le monde irait-il  à l’envers puisque  nous nourrissons la terre ? Que vaut ce sang blanc qui abreuve nos sillons ? L’image  choque le premier jour, devient une habitude le deuxième, ennuie le troisième….

Et pendant ce temps, Isabelle, qui vient d’accoucher, subit toutes les trois heures  la torture du le tire-lait.

J’aime les vaches. Les grecs anciens avaient inventé un adjectif pour qualifier la beauté des femmes aux yeux de vache…Leur générosité est infinie.  Elles sont végétariennes comme moi. Elles adorent brouter.  Elles ont des tâches sur le dos et paissent en paix ou en pets.  Le bonheur est dans leur pré. J’ai rêvé de devenir vache, moi aussi…Profiter des rayons de soleil et de mon merveilleux chasse-mouches. Passer mes journées à mastiquer  tout ce qui se présente. Regarder les trains sans mots dire.  Faire meuh et flatter quand cela me chante. Tout est bucolique dans la vache… Elles nous ressemblent. Quand elles courent de tout leur poids sans raisons apparentes vers la clôture. Evoqueraient elles l’abattoir lors de leurs échanges de meuglements ?

C’est le long de ces prairies à vaches, en bordure des villages, au croisement des destins, que la signalisation routière nous montre souvent le chemin de l’amour.  Cette fois encore, une flèche, hors normes, est accrochée de guingois au panneau « déviation ».  La ficelle verte qui l’attache pend comme une chevillette. L’inscription est lisible. Le caractère des lettres est calligraphié. De très jolis pleins, de tendres déliés.  « Julien et Tristana »

L’effet premier est magique. Sourire complice pour une histoire sous entendue. Mais si Anna est triste, il doit y avoir une bonne raison.  Julien l’aurait-il quittée ?  Alors que depuis quatre mois,  le panneau, recouvert d’éclaboussures, persiste à montrer le chemin ? J’imagine que la fête s’est bien passée…. et quelle s’est terminée depuis belle lurette.  Alors, pourquoi personne n’est venu décrocher le panneau ?  Résultat ; le couple est jeté en pâture aux automobilistes. Le sourire des premiers jours a fait place à de l’indifférence. Pour finir par engendrer l’énervement. Ce panneau est illégal. Tristana et Julien, éclaboussés de boue, sont sur la mauvaise pente. Leur nom est étalé sur la voie publique avec impudeur. Outrage, provocation, acte rebelle ? Si personne ne vient les réclamer dans un an et un jour, n’importe qui  pourra les emporter.

Je les imagine jeunes, beaux et un peu benêts… Pourquoi jeunes ?

Parce que les vieux ont leur pudeur. Ils ne s’affichent pas de façon ostentatoire sur le bord des routes.

Que sont ils devenus ? Trop occupés pour enlever leur panneau ? Trop heureux de prolonger l’illusion d’une fête promise pour la vie ? Ont-ils disparu, malades de passion pour s’envoyer en l’air aux quatre coins du monde ? Y ont-ils laissé des pancartes semblables, oubliées comme autant d’appels à l’évènement perpétuel… Et si  la fête s’était mal déroulée ? Des inconnus mal intentionnés auraient pu suivre les flèches, attendre le départ des invités et leur faire leur fête…à leur façon.  Si cela se trouve, ils les ont battus à mort avant de les enterrer dans le jardin. Et comme tous leurs amis sont partis, personne ne s’inquiètera de leur disparition. Je devrais peut être délivrer la chevillette et replanter la flèche dans leur jardin en guise d’épitaphe. Ci gisent Julien et Tristana… »Victimes de la route et de Cupidon. Fin du voyage de n’os »… Ou alors « partis sans lait sser d’adresse… »

Mais je préfère leur souhaiter la saveur immature des échanges amoureux, l’adrénaline des disputes avortées, l’insouciance des moments volés, la folie des grandeurs rêvées, et le calme savoureux  de nos  pâturages bien aimés….





Lâche moi la grappe avec ta grippe!

26 08 2009

« Lâche moi la grappe avec ta grippe ! Si tu continues à m’angoisser et à comploter, j’arrête de te peloter, con ! ». Ainsi parlait ma voisine  à son provençal de mari. Nous étions sur leur terrasse, par un des ces beaux soirs d’été qui avait fait son plein d’étoiles filantes. Le vent soufflait sur nos masques. Les enfants nous regardaient avec effroi derrière les vitres du salon. Sortir n’était plus sans risque…

Nous étions début août  et la grippe était déjà  partout, prête à bondir et tuer à tour de bras. Aujourd’hui la salope squatte nos mouchoirs, se cache dans les coins café de nos bureaux, guette  nos sorties et s’attaque à nos repas de famille. Après la vache folle, la porcine,  l’espagnole voici la mexicaine. L’organisation mondiale de la rumeur travaille d’arrache pieds à construire la panique indispensable à sa propagation. Tout le monde s’en mêle. La grippe va muter en septembre. Inutile de continuer vos dialyses, vos régimes à basses calories, vos thérapies, de toutes les façons, la grippe va nous exploser la rate, le foie et les couilles. Inutile de fuir, elle va  nous agripper. …

Comme l’Indien qui coupe son bois en haut de la colline confirme au cow-boy que l’hiver sera rude, les préparatifs se multiplient pour faire face à l’ignoble pandémie. Des millions de millions de doses de vaccins sont déjà  commandées par nos ministères de la santé et de l’économie. Et comme une catastrophe n’arrive jamais seule,  nous aurons droit à quelques cyclones aux tempêtes magistrales et dévastatrices comme on en avait plus vues depuis des lustres. Des avions enrhumés vont s’écraser au décollage  sans raisons apparentes. Des vagues scélérates énormissimes provoquées par des tsunamis gigantesques vont déferler sur nos côtes. Les Chinois grâce à leur main d’oeuvre à bon marché auront chahuté les flots en les agitant tous ensemble en parfaite harmonie. Un milliard de petits chinois sautillants seront parvenus  à faire déborder la piscine. Sans oublier le bug de l’an deux mille qui finira bien par avoir lieu. Nostradamus, l’avait prédit…La fin du monde est proche. Une nouvelle maladie entraînera la disparition de l‘homme. Qui s’en plaindra ? Ni les animaux ni les arbres, ni l’ensemble des entités non humaines qui habitent notre univers. Seuls quelques élus en réchapperont. Pour la légende et en sursis. Il est temps de prier. L’église de scientologie va créer un nouveau cours  en dix leçons de six mille dollars chacune. Vous atteindrez peut être en fin de cycle le droit de payer le suivant.  La peste et le choléra ne seront rien, comparées à cette grippe que les mexicains vont vous transmettre. Méfiez vous des sombreros, des castagnettes  et des guitares trafiquées. Evitez les tacos, quesadillas, pozole, carnitas, tamales et surtout les chapulines, ces insectes frits à la sauce citron. Retenez vos envies. La maladie va se transmettre de mille et une façons. Il vaudrait mieux prendre vos précautions exigez de vos partenaires qu’ils prennent leur température avant l’acte. Le thermomètre dans le cul peut être agréable s’il est mis avec amour. C’est gore, d’accord, mais c’est lui qui a commencé avec son film pour nous faire flipper… Allez vous cacher dans le maïs transgénique. Planquez vous dans les serres avec les fraises des bois. Soyez attentifs aux messages quotidiens de la télévision. Si la grippe fait quelques millions de morts dans un pays lointain et que la télé vous offre des bonnes images, donnez sans discuter à médecins sans frontières. On n’est pas des bêtes. Apprenez à décrypter les messages codés des journaux télévisés. Divisez les morts annoncées par cent sur la Une et par mille sur Rtl. Evidemment, Jésus pourrait revenir mettre de l’ordre avant que les démons de tous poils n’en profitent pour transformer nos cités en Sodome et Gomorrhe.  Parce que les pannes de courant vont se multiplier et que c’est bien connu le black out et l’absence de télé poussent à la fornication débridée.  Sous l’effet de la fièvre tout peut arriver… Il suffirait qu’un ingénieur nucléaire attrape le virus entre deux courses à particules sur son accélérateur. Le chercheur, en pleine manipulation dangereuse, éternue  et nous voici repartit pour un Tchernobyl d’une ampleur inimaginable. L’Iran se croira attaquée par les Etats-Unis et enverra ses bombes sur Israël. Les Russes et les Chinois s’en mêleront et la fin du monde sera proche. De toutes façons, les Etats-Unis sont surendettés. Et si l’oncle SAM est à sec, qui paiera la note ?  Tout le monde doit de l’argent à tout le monde. Surtout les banques. Qui va payer les vaccins? Seront-ils réservés aux riches ?   Autant utiliser l’argent des pensions qui ne servira plus à personne. Les prêts hypothécaires sont devenus hypothétiques. Les banquiers ont pris la place des dentistes. L’argent virtuel coule à flots. Qui inventera le vaccin virtuel ? Face à l’inquiétude, plaignons nous. Laissons nous aller aux critiques faciles, aux avis simplistes, aux racismes primaires. Tout est foutu. Il n’y a plus de jeunesse, plus d’équité, plus de valeurs, le monde va à sa perte. Nous ne faisons plus assez de bébés de riches, il va falloir adopter ceux des pauvres. Les chômeurs vont s’organiser et prendre tous les travailleurs en otage.  Comme le disait Lafontaine .C’est les fonds qui manquent le plus. Et pour toucher le fond, on le touche. Vous avez vu le fond des océans ? La vague de grippe suivante sera  piscicole. Bien plus visqueuse que les précédentes, elle nous viendra des crabes et des requins de plus en plus infréquentables. Nous pourrirons comme de la poiscaille sur les plages du Sénégal…

Sortez, fumez, respirez  la fumée des autres, aggravez vos symptômes Autant en finir au plus vite.

Ou alors, comme la confrérie des paniqués ne guérira personne…., sucez un bonbon  pour soulager la toux, faites vous un grog au miel, offrez vous un DVD planant, une couverture  et regardez les étoiles filantes.





Vacances…..

8 08 2009

¨*Vacances : cessation des activités ordinaires…

La ville est nue. Sous les pavés que survolent des vespas, les souvenirs s’allègent. Finies les pénitences. Les terrasses dégoulinent.  Les femmes sont belles. Toutes coloriées de jours d’été. Comme des abeilles, elles promènent en riant  leur taille de guêpes émoustillées. Elles partagent leur parfum d’un mouvement de hanche. Comme un souffle de vent  qui ferait fuir les papillons. Inutile de  leur passer le message. Elles savent… Butinent de jour comme de nuit. Et vivent les vacances. Mais à qui s’intéressent ces divas ?  Pas aux vieux beaux en pâmoison qui font sonner leur pognon. Quel intérêt d’en avoir plein les poches sous les yeux ? Pourquoi aimer les auréoles d’une réussite  trop nette ? Mais de qui rêvent ces belles dames ?  Pas de ces petits jeunes aux gestes maladroits. Leurs soupirs  fanfarons ont des allures de fausses promesses, d’aventure à la va vite. Excepté, de temps à autre, entre deux sommeils,  en encas. Mais en aucun cas par habitude. A qui réservent elles les dérapages de leur rouge à lèvre rubicond ? Pour qui leurs lentilles colorées se feront-t-elles gentilles ? Un regard d’elles et je me damne. Arrêt du cœur. Je meurs illico sur le premier pot de fleurs. Me relève et me jette sous un tram nonante au tout dernier moment en criant « je vous aimais toutes ». Et pendant les deux cents mètres du freinage, accroché par le pantalon,  je deviens mobile comme un Calder. Le cri des freins du tram enragé couvre le chant de leurs prénoms que je tente de prononcer dans mes derniers souffles. Ma mémoire défaillante  perd le fil de mes amours saute mouton. Trop tard, je risque de passer en mode mal aimé.  De devenir nain de jardin lubrique, propriété publique. Que des garces arroseront de leurs moqueries, en passant sans s’émouvoir.

Je divague. Naturellement. Vague impression de surimpression. Un été qui en recouvre un autre qui lui-même… Comme ces poupées slaves qui boivent leur petit lait à la russe. Beautés sauvages, beautés légendes.  Prêtes à tout pour  nous faire des bébés ? Comme je vous comprends.  A dada sur les genoux de bon papa. Dans quelques années, vous rejoindrez le front des mères de la mer du Nord. Votre progéniture s’ennuiera sur les plages en attendant la pluie.  Vos maris, restés à Bruxelles, en pères esseulés, iront par paire, comme de faux jumeaux. Encore un verre. Ca ne mange pas de pain. Jusqu’à pas d’heure. La merveilleuse solitude entre copains. Quand la ville se réveille à peine et en pleine nuit, sans pleine  lune. Quand les endroits branchés somnolent et ferment.  Quand les amis sont aux abonnés absents. Quand il ne vous reste que les plaisirs solitaires. L’horoscope, le sudoku ou le mal au cou? Un cinéma ? Même mon chien soupire. Un court instant il montre les dents. La chaleur rend son humeur soupe au lait. Je n’ai pas le courage de le mordre. A la télé, le journal passe en boucle, en break,  prisonnier  entre deux séries perdues. Ni nouvelles, ni scoops  à se mettre sous la dent. Pas de rumeurs. Tout le monde, il est pas là.  Même mon gsm s’ennuie et fait semblant de recevoir des messages. Fait trop chaud pour écouter la météo. Mon rosé est tiède. La maison est sale. Je refuse de passer l’aspirateur. J’aurais peur de perdre les dernières preuves de mon existence.

Sous les pavés, il n’y a plus de plage. Retour des juilletistes, des aoûtiens et des embouteillages. Inutile de piquer ma crise, l’autre est déjà là. Je me couche et j’éterne. Oui j’éterne. Je me roule en boule et je dors du sommeil injuste. J’attends le retour de l’hiver et ses froidures. Je veux que les femmes se rhabillent, perdent leurs couleurs, que la météo du temps  rejoigne celle des affaires ordinaires. Je veux tourner la page des vacances.





Au fil de chaque jour gagné…..

8 07 2009

Ma vie ! mon ami… quel courage ! Tu ne te plains de rien. Tu racontes humblement. Tu es parti de chez toi un soir de nuit noire. Avec pour seul bagage ton rêve à la main. Tu me dis que la réalité ressemble tristement au cliché. Parce que ton chez soi était simplement trop pauvre pour nourrir les tiens. Parce que tu n’avais d’autre choix que d’oser le départ. Tu devais quitter, déboussolé mais confiant tout ce qui était toi. Partir, côté face, en héros conscient vers la terre promise. Côté pile avec la chiasse au ventre et les larmes aux yeux. Comment as-tu pu ? Entassé avec tes pairs sur un rafiot pourri ou dans un camion trop petit. Parce que ailleurs l’abondance t’attendait. Frigorifié, affamé, mais bercé par la certitude de lendemains meilleurs. Parce que le travail était de l’autre côté de la frontière. Etouffer entre la marchandise, la peur et les odeurs. Le prix du passage était si peu négociable. Tu voulais y croire. Ne pas te laisser mourir. Pour honorer la promesse faite à ta famille? Pour agir en homme responsable ? A peine arrivé, tu subis la froideur de l’indifférence, du mépris, des quolibets. Comme un moins que rien. Tu vas, tu viens, tu t’agites. Invisible aux yeux de la plupart, ou trop visible pour les autres. Au risque de perdre tes repères, tu es prêt à tout quitte à t’abaisser au pire. Attendre. Patienter. Espérer. Humilié, tu acceptes toutes les tâches. Tu dis merci. Tu te bats pour manger. Manger pour survivre. Survivre pour exister. Accepter l’impensable. Te cacher pour travailler, te cacher pour vivre. Tout est vraiment contraire aux discours illusions d’avant le départ. A croire que le mensonge nourrissait la chanson de l’espoir. Aux aguets. En sursis. Tu épargnes le moindre sou. Pour l’envoyer au pays. Tu te forces à comprendre d’autres habitudes, à te fondre dans le paysage, à apprendre à parler, à convaincre. Tu arrives même à sourire dans une langue qui n’est pas la tienne. Tu travailles en dessous des prix. Comme tu n’as plus droit à ton identité, tu en façonnes une nouvelle, décalée, plus forte en apparence. Mais sans garantie. Sans assurance. Dans tes petits papiers. Vrais ou faux, mais interdits de séjour. Tu uses tes forces pour gagner le minimum. Tu renonces à regrets à tes différences qui font tache. Tu dors où tu le peux. Tu t’habilles comme ici. Tu te nourris comme ici. Tu aimerais penser comme ici. Pour te fondre dans le paysage, tu mettrais ton accent en veilleuse. Et tu travailles encore, tant et plus. Tu travailleras longtemps juste pour gagner le droit de vivre. Tu construis ton histoire ici au risque de tout perdre là- bas. Au risque de n’être plus ni d’ici ni d’ailleurs. Entre deux univers, comme un paria. Tu fais venir les tiens. Alors que tu risques d’être pris, renvoyé, seul, au pays. Tu te réjouis d’un rayon de soleil, de leurs rires, d’un sourire frère, d’un regard sans mépris. De ta première économie. De leur confiance. Dès que tu le peux, tu offres tout ce que tu possèdes. Tu vis l’instant avec la générosité d’un seigneur. Tu garnis la table avec abondance. Tu m’accueilles comme un frère. Tu me serres dans tes bras. Nous buvons à la vie. Et à te voir, danser la tienne chaque jour alors que tu ne possèdes rien, j’en arrive à douter. A me demander qui est le clandestin de sa propre vie. A toi…mon ami ! A cette force qui te guide, te libère, te conduit. Rendez-vous aux frontières de tous les possibles. A ta santé ! Au fil de chaque jour gagné !





Bye bye badman….

26 06 2009

Tu as balancé ton swing bad man. Pendant cinquante printemps et des poussières. Quarante sur les planches, danseur étoile. Cheveux crollés. Pour terminer pantin brisé à la couleur douteuse. De sexe androgyne. Lifté comme une vieille ratée. Fantôme déglingué de prince charmant. Tu n’arrives plus à te réveiller ? Le monde t’a échappé. Comme Blanche Neige.

Tes dollars inondaient la terre. Tu as même racheté les Beatles. Après avoir été superlatif musical, tu as versé dans la guimauve, roulé dans la farine. Usurpateur de rêves d’enfants, malgré toi ? Tu as frisé la déchéance. Un vrai parc d’attraction à toi tout seul. Généreux comme pas deux. Capable de négocier certains silences. Cela faisait quelques années que tu avais du mal à te respirer, soul man. Réclamé par tes fans, tu refaisais surface de temps à autres. Ce n’est pas ta première réanimation. Quelques come back foireux avec remise à flots. Des coups magistraux. La générosité d’un roi et sa tyrannie. Tu vas manquer aux enfants malades, bambi. Reviens ! Tu t’étais déjà perdu dans la forêt des hommes, pop man. Remonte une dernière fois, ta main sur ton entrejambe. Balance moi une de tes audaces rythmées. Une composition de ton acabit. De celles que personne n’imagine encore.

C’est dommage, t’as fini de jouer. T’es mort. La meute de tes fans va s’arracher tes fringues. Tu vas te faire vendre aux enchères avec tout ce que tu as touché. Des milliers de people vont te saluer et parler d’icône et d’immensité en versant larmes et fleurs. Face à tes dettes abyssales, ta musique est notre héritage. Rock comme une symphonie. Le génie pardonne les égarements. Tu as sublimé les notes en les rendant mutantes. A nous deux on est le monde. Personne ne pourra nous le retirer. Tu vas me manquer. Mais je ne pleure pas. Je suis content pour toi. Tes démons ont quitté le thriller d’enfer qui te gâchait la vie. Tes tourments sont finis. Je me sens bien. Encore trente trois petits tours et puis s’en vont….





« Rien à voir avec de la déprime existentielle »

15 06 2009

L’hirondelle n’est plus au dessus du toit. Le hussard non plus. J’irais bien hurler à la lune. Comme un bon loup garou. Mais j’ai perdu la foi du prédateur. Juste envie de pisser. Plus question de me battre pour un territoire. Je persiste par atavisme… pas par survie. Je suis le dernier des concombres masqués. Super résistant en costume de premier communiant. Personne n’arrivera à me bluffer. Je connais l’imposture comme ma poche. Et par ces temps de crise….Plus moyen d’être dupe. J’ai l’étoffe d’un héros. L’instinct fatigué du déserteur romantique. Comment résister à votre pire ennemi?  Ce type dépressif  dans le miroir qui vous ressemble comme deux gouttes d’eau. Alors que le paradis se cache  tout bêtement dans les détails de la partition.  Entendez-vous  le rythme de mes décalages ?  Sans les mains…sans  instrument. Passé cinquante piges, la fatigue s’attaque au moral à mon corps défendant. Ce dernier ne discerne plus ce qu’il défend. Mon dos en prend par-dessus la tête. Les contre-ordres se succèdent en désordre. J’ai l’adrénaline qui bouille à plein régime et le cœur qui joue des castagnettes. Tout va bien succède à l’envie morbide. Sur courant alternatif, je ne tiens pas en place. Demain, c’est promis, j’irai renouer avec l’espoir. Demain tout sera merveilleux. Demain n’engage à rien.  Je jetterai du pain au canards ou aux hélicoptères. Je décollerai du plus haut du plus fou de mes rêves. En courtes culottes ou en smoking, je me ferai mondain ou mendiant ou les deux en même temps. Capable de parler de tout comme un avocat véreux  ou de jouer de l’harmonica pleurnichard dans un western spaghetti. Mes Santiags gratteront la caillasse sur les routes de Memphis ou de Macao. Je serai enfant camionneur au cœur fragile. Gitan grisonnant distillant  ses « ola » comme on offre sa tendresse…Je collectionnerai les pinups découpées dans de vieux calendriers jaunis. Je tatouerai « à ma maman » sur mon épaule  musclée. En souvenir de la pluie, des grêlons et des timbres du roi Albert, je ramasserai les souvenirs d’enfance à la petite cuillère. Je les déverserai à la mer. J’irai manger un sandwich mou sur la tombe d’un poète au long cours. Le coucou qui sonne les espoirs insensés s’endormira enfin.

Fini l’addiction aux images de la télévision. Le zapping passera en zone interdite. Mes doigts boudinés retrouveront le chemin du clavier libéré. Hors mon fauteuil avachi, comme son maître, je profiterai de mots balbucinants. J’écrirai les interdits.  Je me sais capable de tout. De rediriger un satellite. De me mettre en orbite. D’être  mon propre  spoutnik. Homme caviar, généreux donateur de leçons. Prophète et manipulateur. Machiavélique et doux comme un agneau en côtelettes. J’irai où la folie des hommes s’arrête. A cheval sur l’horizon, sans tambours ni trompette, jambes écartées, je crierai l’espoir à mille et une générations. Tout n’est pas foutu. Hier n’était pas meilleur. Les radoteurs ne vaudront jamais tripette. Vivent les imposteurs, les prometteurs de beaux jours, les doux rêveurs et les bonimenteurs…

En face de chez moi, un merle moqueur se lance dans un blues improbable. Pas dupe, le chat  se lèche les babines. Quelques notes de plus, monsieur le merle ….pour finir mes fraises… je vous en prie. Le jour s’approche. C’est magnifique ! Accrochons nous !