J’en tremble.

17 01 2010

Moi aussi, j’en tremble. Mais sans conséquences. Devant ma télé. Voyeur bien au chaud, je m’acquitte de quelques larmes qui dédouanent. C’est triste. Niveau sept  sur l’échelle des tremblements émotionnels.  Emouvant. Poignant. Comme un tsunami. Les images défilent. Tout le monde en réclame. Boulimie d’images. Satanées images. Saletés d’images. La misère des autres se consomme  bien. L’audimat s’enflamme. J’ai honte. De nous, de mon impuissance. Je me sens lamentable. Partir et offrir mes doigts inutiles. Ni médecin ni infirmier. Tout juste bon à encombrer. A peine arrivé, il faudrait me rapatrier.

Car sur le tarmac, nos avions s’envolent. Et nous ramenons nos belges. Chaque gouvernement s’occupe de ses belges. Sauf Haïti, décapitée, qui n’arrive pas à panser ses blessures. Priorité….Alors que des dizaines de milliers de blessés attendent un avion pour aller se faire soigner sur une île voisine.  Il paraît que nos sauveteurs arriveront même à sauver à temps quelques indigènes…Priorités. Pillages. Emeutes. Rien à manger. Qui peut juger ? Comme toujours, dix mille soldats américains vont venir tout régler. Méfiance. Leurs interventions sont rarement sans conséquence. En attendant, leurs hélicoptères lâchent des paquets de vivre sans se poser. Moi aussi, je me battrais pour ramener de quoi manger à mes enfants. De tous côtés, on va en faire des tonnes et en acheminer tout autant. Les grands de ce monde vont rivaliser pour se montrer à la hauteur. Balais médiatiques. Engagements et promesses de dons. Mobilisation générale et magnanime pour une magnitude inattendue.  Nos vedettes vont se réunir dans un studio. Trois minutes de chansons pour la postérité et pour la cause. Récolter des centaines de millions de dollars. Sans annuler la dette.  Chacun versera son obole. Nous payerons notre tribu.  Mais  l’eau fait défaut. Et le sens. Et la leçon, que nous n’avons à recevoir de personne. En attendant la prochaine occasion d’émotion commune. Car nous oublierons. Comme toujours.

Mais pas nos sauveteurs. Toi, oui… toi non…Comment vivre avec le souvenir d’avoir du choisir ?

Combien de fois faudra-t- il que la colère de la terre s’enflamme encore pour que les hommes aident les hommes, sans y être contraints ? Parce que, à Haïti,  les bidonvilles et la misère ne dataient pas d’hier…


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7 réponses

17 01 2010
jd

Tu as raison sur toutes les lignes.
“Moi aussi, je me battrais pour ramener de quoi manger à mes enfants.” : Je viens de dire la même chose il y a 10 min à Freddy.
Ma filleule est mariée à un haïtien: heureusement, ils sont à Miami…
Donner des sous et … prier mais je ne sais plus comment on fait.
Je me sens totalement impuissante et hébétée par tout ça…

20 01 2010
patrickparmentier

j’ai aussi perdu la notion de prière…mais pas la confiance en l’homme …nous trouverons les moyens …je t’embrasse

19 01 2010
patrickparmentier

Très belle soirée. Cadeau magique que mes amis m’ont offert. Joie sur les visages et dans les têtes. Retrouvailles et rires, endroit chaleureux pour belles personnes. Et les échos sur mon livre me reviennent avec bonheur. J’ai vu aussi les photos et ton travail qui me touche. Un mélange de patchwork, de chats couleurs et de tissus indien, qui enchantent en évoquant des rêves d’enfants , des automnes aux feuilles mordorées, et des voyages intérieurs… je ne pourrai pas venir voir tes expos de sitôt mais n’hésite pas à partager…. bisou à ta gang. tendresses

19 01 2010
patrickparmentier

merci mon ami.

20 01 2010
patrickparmentier

merci joelle, je reste confiant en nous …les habitants de cette planète … par instinct de survie, nous nous amenderons alors au boulot…vrais bons et tendres Bisous

20 01 2010
patrickparmentier

Oui comme chaque fois tes commentaires sont étonnants et intéressants. Notre organisation basée sur la rigueur, l’ordre et la préparation a retardé de six jours l’aide indispensable…résultat le blessures se sont infectées, les gens se battent pour manger, et démmollissent ce qui tenait encore debout pour manger;..retour à l’état barbare.. nos équipes de tv sont tellement nombreuses que nos reporters sont plus nombreux que les mouches autour des enfants en train de mourrir.
mais je ne désespère pas des hommes . certains ont le coeur et le cerveau merveilleux et continueront de lutter…pour un monde meilleur.
amitiés

20 01 2010
patrickparmentier

Et c’est pas tout, mon loup…Notre organisation basée sur la rigueur, l’ordre et la préparation a retardé de six jours l’aide indispensable…résultat le blessures se sont infectées, les gens se battent pour manger, et démollissent ce qui tenait encore debout pour manger;..retour à l’état barbare.. nos équipes de tv sont tellement nombreuses que nos reporters sont plus nombreux que les mouches autour des enfants en train de mourir.
mais je ne désespère pas des hommes . certains ont le coeur et le cerveau merveilleux, comme mon mich, et continueront de lutter…pour un monde meilleur.
amitiés

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